L’industriel bisontin représentait la filière stratégique “Mines et Métallurgies” à la Grande Exposition du Fabriqué en France, mi-novembre à l’Élysée. Pour défendre une certaine idée du savoir-faire local.

Leader français dans son domaine - le découpage de haute précision et la fabrication de rotors et stators de moteurs électriques -, le groupe R. Bourgeois emploie actuellement 462 salariés sur son site historique de Trépillot à Besançon. Il est ainsi un des principaux employeurs privés du bassin bisontin.

Mais c’est à l’échelle nationale et souvent européenne que l’industriel doit désormais faire entendre sa voix dans un contexte international en perpétuel mouvement et dans un contexte où l’industrie automobile, son principal marché, est secouée de toute part par la concurrence chinoise et les orientations européennes vers le tout-électrique à horizon 2035.

Tony Chauvet, directeur des opérations du groupe R. Bourgeois, devant certaines des pièces en acier magnétique fabriquées dans les ateliers bisontins.

Gage de son excellence, le groupe dirigé par Raymond-Nicolas Bourgeois était un des invités mi-novembre de la Grande Exposition du Fabriqué en France qui se tenait à l’Élysée. Cette participation représente pour Raymond-Nicolas Bourgeois, directeur général du groupe, “une organisation technique remarquable, et la reconnaissance certaine pour cette initiative de la Présidence de la République qui célèbre et encourage l’entreprise en France… mais elle ne peut masquer l’inquiétude d’un environnement qui détruit toujours davantage d’entreprises industrielles qu’il n’en crée malheureusement… L’occasion unique aussi de pouvoir en échanger personnellement avec le Président et le ministre de l’Industrie, spécifiquement sur l’urgence de convaincre la commission Européenne d’instaurer au plus vite des mesures de sauvegardes sur les circuits magnétiques rotors-stators importés de Chine et d’Inde” commente-t-il.

Mais au-delà du prestige éphémère des ors de la République, le groupe R. Bourgeois continue à se battre pied à pied pour défendre les intérêts de l’industrie française. Car une telle entreprise industrielle représente elle aussi à son échelle un morceau de la souveraineté française et européenne par rapport à la chaîne de transition électrique des véhicules et face à la concurrence essentiellement chinoise. R. Bourgeois livre par exemple 100 % du marché des moteurs électriques pour Renault et 100 % du volume Stellantis. À tel point qu’en ce moment, “on passe presque plus de temps à parler politique que technique avec nos interlocuteurs. Nous sommes en permanence en contact avec les services de Bercy et de la Commission européenne pour défendre, au sein de la fédération des découpeurs européens, les positions de l’industrie européenne pour tenter de contrecarrer les offensives chinoises et inciter l’Europe à prendre les bonnes décisions en matière de droits de douane ou de provenance des composants” résume Tony Chauvet, directeur des opérations et responsable commercial Europe du groupe R. Bourgeois.

Le groupe R. Bourgeois représentait la filière métallurgie à la récente Grande Exposition du Fabriqué en France dans les salons de l’Élysée

Pour anticiper au mieux les mutations du marché mondial, le groupe R. Bourgeois déjà présent en Chine à travers deux unités de production, prépare son implantation en Inde d’ici 2027. Pour être également au plus près d’un des marchés les plus prometteurs du monde. L’automobile représente pour le groupe bisontin 65 % de son activité. Pour le reste, il équipe en moteurs électriques un nombre infini de secteurs d’activité en fabriquant les plus petits modèles de 17 mm pour équiper les volets roulants, jusqu’au générateur de centrale nucléaire, des pièces de 4,50 m de diamètre, en passant par le marché des générateurs de data centers, en pleine croissance lui aussi.