L’arrêt brutal du pays pendant deux mois et demi a fait mettre un genou à terre à l’économie française. Après la stupéfaction est venu le temps des craintes, puis de l’angoisse que la machine économique française se soit à un tel point grippée qu’il sera très long à la faire redémarrer. Mars et avril furent morts, mai calme, et il semblerait que le printemps de l’économie ait timidement sonné en ce mois de juin, avec quelques mois de retard sur le calendrier, certes, mais accompagné de nombreux signes encourageants. Bien sûr cette pause forcée laissera des acteurs de l’économie sur le carreau. Et ce rebond plus rapide qu’attendu n’est peut-être qu’un leurre avant un essoufflement à la rentrée de septembre dû aux dégâts plus profonds causés par ces deux mois et demi d’inactivité. Pourtant, l’ingrédient principal semble bien là à entendre les acteurs locaux de l’économie, et cet ingrédient indispensable sans lequel le rebond ne pourra pas se produire, c’est la confiance. Touchés de plein fouet, les professionnels du tourisme, de la restauration, de l’hébergement dans le Haut-Doubs et le Grand Besançon retrouvent le sourire que le découragement des premières semaines de crise sanitaire n’avait même pas réussi à effacer. Ils savent que les gens ont à nouveau envie de s’amuser, de profiter, de dépenser les sous qu’ils ont pu mettre de côté au printemps, bref, de vivre. Si bien que comme le soulignent les économistes en ce début juillet, contrairement aux prévisions les plus sombres échafaudées pendant le confinement, aujourd’hui, le pire n’est plus certain.” Souhaitons que ce moral retrouvé bénéficie dès cet été à ceux qui ont le plus souffert de cet arrêt forcé, que les touristes et les visiteurs locaux sauront jouer le jeu de la solidarité en venant consommer local et que chacun contribuera à sa manière au redémarrage de la France. Ne nous berçons pas pour autant d’illusions. De nouveau monde il n’y aura sans doute point, sauf à appeler de ses vœux une sévère décroissance qui sans doute ne ferait que des perdants… Il y a peut-être un juste milieu à trouver, à commencer par mettre en application ces gestes solidaires en cours pendant le confinement de consommer local avant de voir si l’herbe est plus verte ailleurs. En attendant que se confirme cette reprise espérée, excellent été, peut-être plus éthique et plus responsable !

Jean-François HAUSER
Directeur de la rédaction

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