Promesses
L’été a refermé son lourd chapitre que déjà point à l’horizon la promesse de longs mois préélectoraux sans doute tout aussi plombants. La torpeur d’un été caniculaire au cours duquel les failles d’un État pas toujours à la hauteur sont apparues au grand jour (lutte parfois désespérée contre les incendies sans moyens à la hauteur, vol de millions de données personnelles par des cybercriminels sur les sites officiels du gouvernement, Français désemparés face à la canicule et au manque de réponses apportées par nos dirigeants…) laisse place presque sans transition aux premières joutes verbales entre les prétendants à la prochaine élection présidentielle. En gros, on entre en apnée dans une période de huit mois où les discours les plus déclinistes le disputeront aux promesses les moins crédibles pour tenter de tracer un chemin au pays pour les cinq prochaines années et tourner la page de dix ans de macronisme dont tout le monde semble vouloir la fin avec le retrait obligé de son créateur.
Mais quelle offre politique doit-on s’attendre à voir à l’œuvre durant ce qui s’annonce comme une interminable campagne électorale ? Une offre sans doute faite de surenchère de promesses factices, de solutions illusoires et de propositions à l’emporte-pièce dont les partis extrêmes ont le secret et pour lesquelles se bercent d’illusions des millions de citoyens désabusés. Ceux qui constatent que leur situation ne s’améliore pas depuis des années, qui travaillent mais qui ne s’en sortent pas, qui voient que la France glisse peu à peu d’un pays où le mérite faisait avancer et permettait d’entrevoir des jours plus rieurs, à un territoire de rentiers ou d’héritiers où rien ne semble plus possible si on n’a pas la chance d’appartenir à la bonne lignée.
Au milieu de ces deux partis radicaux qui dominent actuellement le débat public - R.N. et L.F.I. - il sera bien difficile pour ceux qui ne surfent pas sur les peurs ou les fantasmes d’émerger et de se rendre crédibles en proposant des mesures qui promettent des décisions douloureuses mais nécessaires pour sortir la France du naufrage budgétaire dans lequel elle sombre inexorablement, ou alors qui oseront inscrire dans leur programme des propositions qui viseront à travailler plus et mieux pour tenter, pour peu que ce soit encore possible, de sauver le régime de retraite des Français. Bienvenue dans la - déjà - trop longue campagne de la présidentielle 2027 !
Jean-François HAUSER
Directeur de la rédaction

