Elle avait proposé 10 000 euros à un tueur à gage qui n'en était pas un...

Affaire peu banale selon le procureur de la République de Besançon. Mère de trois enfants, la quinquagénaire a voulu éliminer son ex-mari, père de ses 3 enfants, résidant à Besançon. Elle est incarcérée à Périgueux.

Besançon. Elle pose un contrat sur la tête de son ex-mari, le commanditaire balance
Le procureur de la République de Besançon (à droite) et le commandant de la Police judiciaire.

Les histoires d'amour finissent mal... en général. Celle-ci a bien failli tourner au drame sans l'intervention rapide de la Police judiciaire de Besançon. Le 22 avril, le parquet de Besançon enregistre la plainte d'un Bisontin de 55 ans, cadre dans la vie active, expliquant qu'il a reçu un appel téléphonique très particulier d'un homme. Ce dernier lui explique qu'il a été recruté par son ex-épouse de 51 ans avec qui il est séparé et en instance de divorce depuis l'été 2018 pour l'assassiner, mais qu'il ne souhaite pas passer à l'acte. Le "tueur à gage" âgé de 24 ans propose alors au mari de lui fournir des éléments de preuve en contre-partie de la remise d'argent. "Aussitôt, j'ai ouvert une information judiciaire pour permettre des écoutes téléphoniques" indique Étienne Manteaux, le procureur. Elles se révéleront fructueuses et vont permettre de rendre crédible le scénario. "Ce qui ressemblait à une escroquerie devient une tentative d'assassinat" poursuit le parquet.
Le 12 mai, des interpellations ont lieu : l'ex-femme qui réside avec ses trois enfants à Périgueux, et l'homme de 24 ans originaire de l'Essonne. Les deux vont reconnaître la matérialité des faits. Comment l'ex-femme a-t-elle pu en arriver là ? "Leur relation était très chaotique avec des querelles fortes. L'un et l'autre avaient déposé plainte à Périgueux par le passé" relate le procureur. Encore fallait-il trouver la personne pour se charger du "travail". "La femme explique avoir rencontré cet homme dans un camp de vacances, en Italie, où il travaillait. C'est un individu connu pour des faits d'escroquerie. Il n'avait rien commandité pour passer à l'acte. Il n'a pas acheté d'arme, pas fait de repérage, pas monté de mode opératoire" poursuit le parquet.
Placé sous le statut de témoin assisté, le commanditaire est pour le moment libre. L'ex-épouse qui a vécu 25 ans avec son mari a été mise en examen le 15 mai. Elle est incarcérée à la maison d'arrêt de Périgueux, ville où elle réside avec ses trois enfants, deux majeurs et un mineur. Les deux grands frères s'occupent actuellement du plus petit.

Un assassinat qui devait avoir lieu entre le 5 et le 12 juin.

Le contrat de 10 000 euros sur la tête du quinquagénaire devait être réalisé entre le 5 et le 12 juin. La femme est poursuivie pour "mandat criminel", un délit passible d'une peine d'emprisonnement de 10 ans. Dans sa version, elle dit avoir accumulé une haine terrible contre son mari sans n'avoir jamais vraiment cru à la réussite de l'assassinat. Une histoire d'amour qui finit mal... pour elle.