Les pluies de ces derniers mois ont rempli les nappes. Leur niveau est correct sans toutefois être au plus haut depuis que la végétation puise dans la ressource.

L’an dernier à la même période, le niveau des nappes phréatiques surveillé par Gaz et Eaux pour le compte de la communauté de communes du Val de Morteau était qualifié de “modérément bas”. En ce mois de mai 2024, le niveau est “autour de la moyenne” selon Élodie Journot, la directrice des services techniques de la C.C.V.M. C’est-à-dire à peu près au milieu d’une échelle graduée de 1 à 7 de “très haut” à “très bas”.

David Huot- Marchand, adjoint chargé de l’eau, devant le puits de captage du chemin du Bois Robert.

“On est donc mieux que l’an dernier à la même époque,” concède Élodie Journot. “Les pluies de l’hiver ont permis de régénérer les nappes mais comme nous n’avons pas la chance d’avoir des nappes protégées par des couches d’argile, leur niveau reste très fragile dans ce milieu karstique. Dès qu’il ne pleut pas pendant quelques jours, nos nappes commencent à baisser.”

Cette situation confortable mais précaire pousse les responsables locaux à renforcer les interconnexions entre les réseaux d’eau des différentes communes du secteur. Depuis très longtemps, le réseau mortuacien permet d’alimenter plusieurs communes du syndicat des eaux du plateau des Combes (Les Combes, Fournets-Luisans et Fuans). Au début de l’année prochaine, ces trois communes quitteront le réseau mortuacien pour se connecter au syndicat de la Haute-Loue (voir l’article ci-dessous).

“La consommation d’eau du réseau mortuacien représente en moyenne 1 600 m³ par jour. Sur ce volume, les trois communes qui rejoindront le syndicat de la Haute-Loue représentent environ 600 m³. À moyen terme, cette opération permettra de mieux sécuriser notre approvisionnement en eau,” note David Huot-Marchand, l’adjoint mortuacien aux travaux et à l’eau. Ce qui n’empêche pas Morteau de continuer à chercher de l’eau ailleurs.

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Et d’anticiper également le passage au 1er janvier 2026 de la compétence eau à la communauté de communes. “Dès que la C.C.V.M. aura cette compétence eau, il sera de notre responsabilité de sécuriser l’approvisionnement en eau de l’ensemble des communes de notre territoire,” observe Cédric Bôle, le président de l’intercommunalité.

Cette mise en commun des moyens liés à l’eau entre les huit communes de la C.C.V.M. doit permettre aussi d’éviter que ne se reproduise le scénario de l’année dernière quand Morteau a dû se résoudre à être approvisionnée provisoirement par camions-citernes.

Les services de la préfecture restent très prudents

Dans le Doubs, c’est la Direction départementale des territoires (D.D.T.) qui gère les alertes et donne les recommandations d’usage pour l’utilisation de l’eau.

Si du côté de la D.D.T. on confirme aussi le bon rechargement des nappes phréatiques durant cet hiver pluvieux, on reste néanmoins très prudent par rapport aux mois à venir. “Depuis février, le niveau des nappes a commencé à rebaisser. L’eau a été captée en masse par la végétation qui a commencé à pousser. Actuellement, et malgré les précipitations récentes, nous ne sommes plus dans une période de rechargement des nappes” alerte Aurélia Barteau, responsable du service “eau, risques, nature et forêts” à la D.D.T. du Doubs. Elle reconnaît certes que “la situation est beaucoup plus confortable qu’après l’hiver 2022, mais pour autant, il faut rester très prudent, d’autant que pour les mois de juin et juillet, on a statistiquement plus de chances qu’il fasse plus chaud que la normale.” Souvenons de l’année 2018 où le Doubs avait connu des inondations en janvier et une terrible sécheresse en fin d’été.

Dans les cartons de la D.D.T., on se prépare d’ores et déjà à publier un arrêté qui définira les mesures de restriction à imposer le cas échéant ces prochains mois. Dès que le débit des rivières se rapprochera des niveaux critiques, le préfet publiera un arrêté spécifique, qui peut être adapté selon les zones du département en fonction de la situation locale : niveau vigilance, alerte, alerte renforcée et niveau crise en dernier ressort. “Sur les cinq dernières années, il n’y a qu’en 2021 qu’on n’a pas été obligés de prendre des mesures de restriction” ajoute Aurélia Barteau. Les épisodes de crise deviennent réguliers et ça pose vraiment question. Les périodes tendues risquent d’être de plus en plus fréquentes.


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