Troisième tour

La grande page démocratique de la campagne des municipales, avec ses enthousiasmes, ses excès et dans quelques communes ses débordements, s’est refermée le 22 mars avec l’élection des maires dans les 558 communes du Doubs qui organisaient un scrutin (5 communes n’avaient aucune liste à présenter). La plus grosse surprise vient bien évidemment du basculement à droite et au centre de la Ville de Besançon, tenue fermement par la gauche et ses différentes composantes depuis 1953. 73 ans plus tard, Ludovic Fagaut et ses colistiers ont réussi à vaincre l’imprenable citadelle de gauche, ce que d’aucuns disaient impossible à faire. Grâce d’abord à un travail efficace de terrain, aidée par une très mauvaise campagne de la maire sortante Anne Vignot.

Dans le Haut-Doubs, Pontarlier a également réservé son lot d’imprévus avec l’élection d’un novice en politique, Patrick Comte, et l’échec cuisant d’une équipe sortante divisée que le maire en place Patrick Genre n’avait pas eu le courage de tenter de réconcilier avant le scrutin au nom d’une incompréhensible neutralité. Dans toutes les autres communes du Haut-Doubs, c’est dès le premier tour, le 15 mars, que ces élections avaient rendu leur verdict. Simplement parce que dans chacune des communes, il n’y avait qu’une seule liste, ou alors deux au maximum, ce qui laissait augurer un combat à une seule manche.

Il n’y aura donc pas eu beaucoup de surprises lors de ce scrutin marqué pour la première fois par l’obligation de présenter des listes entières dans les villages de moins de 1 000 habitants. Morteau, Maîche et Saint-Hippolyte, les principaux centres-bourgs ont réélu sans surprises leurs maires sortants. Certains duels serrés ont assuré le suspense, comme à Damprichard où le maire sortant s’est fait éliminer par un de ses adjoints, ou encore à Montlebon où quelques dizaines de voix séparent les deux candidats.

Avant de refermer ce long chapitre électoral, un troisième tour se profile en avril avec l’élection des exécutifs dans les différentes communautés de communes qui, elles aussi, devraient réserver leur lot de changements, avec un certain renouvellement des générations attendu ici ou là. On l’oublie trop souvent, mais ces élections communautaires revêtent une importance au moins aussi forte que les municipales, tant les missions confiées aux intercommunalités sont de plus en plus stratégiques au fil des mandats.

Jean-François HAUSER
Directeur de la rédaction

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