Depuis trois ans, l’Urssaf Franche-Comté suit l’évolution du travail frontalier, sur la question de l’activité et des revenus. Si les chiffres clés restent globalement stables, le ralentissement de l’activité économique en Suisse n’a pas encore été pris en compte dans les statistiques.

Combien de frontaliers français ?
La France compte 234 000 travailleurs frontaliers en Suisse sur 405 000 en tout dans le pays helvète. Un chiffre qui a augmenté de 4,5 % entre 2023 et 2024. Depuis trois ans, l’Urssaf Franche-Comté publie un recueil des chiffres-clés du travail frontalier en Suisse. Les données sont issues de l’I.N.S.E.E. et de l’Office fédéral de la statistique côté suisse. Les travailleurs frontaliers sont en effet gérés par l’Urssaf, à condition qu’ils cotisent à l’assurance maladie française.

Amandine Durupthy-Perriand, pilote du service des travailleurs frontaliers en Suisse, Romain Gibert, directeur comptable et financier et pilote du service statistiques et Valérie Baudeigne, statisticienne.

“Depuis 2014, le travailleur frontalier relève de l’assurance maladie suisse mais il dispose d’un droit d’option pour l’assurance maladie française dans les trois mois après embauche”, rappelle Amandine Durupthy-Perriand, pilote du service des travailleurs frontaliers en Suisse pour l’Urssaf. En 2024, sur les 234 000 travailleurs frontaliers, 149 000 sont affiliés à l’assurance maladie française, un chiffre en baisse de 2 %.

Quel est le portrait-type ?
Il s’agit d’un homme de 43 ans, salarié, vivant à 32 km de son lieu de travail. Son revenu fiscal de référence moyen est de 59 790 euros. Dans les faits, cette moyenne s’explique par le nombre majoritaire de Haut-Savoyards travaillant en Suisse, soit 68 000. Le Doubs arrive en deuxième position avec 31 500 travailleurs frontaliers. “Dans le Doubs, les frontaliers représentent 15 % des salariés, soit 1 sur 7”, image Amandine Durupthy-Perriand. Plus d’un travailleur frontalier sur deux habite dans les territoires proches de la bande frontalière : 58 % dans la communauté de communes du Val de Morteau, l’un des deux territoires avec la communauté de communes du Genevois en Haute-Savoie qui concentre le plus de frontaliers. Le Pays de Maîche, le Grand Pontarlier, la com’com des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs peuvent regrouper jusqu’à 42 % de frontaliers. Quasiment (à 91 %) tous ceux du Doubs partent travailler dans le canton de Neuchâtel. Si en Bourgogne-Franche-Comté, le trajet moyen est de 43 km, plus d’un frontalier sur 5 parcourt plus de 50 km.

Quels sont les secteurs d’activité pour les frontaliers du Doubs ?
40 % travaillent dans l’industrie manufacturière, 12 % dans les activités de services administratifs et de soutien, 11 % dans les commerces et 10 % dans la santé. “L’attrait pour le travail en Suisse s’explique par des niveaux de salaires parmi les plus élevés au monde, l’ouest de la Suisse majoritairement francophone, un droit du travail relativement souple et des infrastructures facilitant les déplacements quotidiens entre la France et la Suisse”, explique l’Urssaf. En 2024, les près de 150 000 travailleurs frontaliers affiliés à l’assurance maladie ont déclaré 8,8 milliards d’euros comme revenu fiscal de référence (R.F.R.). Dans la région, ce R.F.R. moyen est de 29 000 euros. “Il faut utiliser cette comparaison avec précaution, prévient néanmoins Romain Gibert, directeur comptable et financier et pilote du service statistiques. Ce n’est pas le même périmètre, il est beaucoup plus large en Bourgogne-Franche-Comté.” Dans le Doubs, le revenu fiscal moyen de référence pour un frontalier s’élève entre 49 000 et 58 000 euros.

“Travailler en Suisse demeure attractif et dynamique”, conclut Amandine Durupthy-Perriand. À noter cependant, que les difficultés économiques qu’a connues la Suisse en 2025 n’ont pas encore été prises en compte, l’impact du ralentissement de l’activité sera mesuré dans le prochain recueil l’année prochaine.