Chevreuils, chamois, renards, notre patrimoine naturel mérite respect, considération et protection. Des chevreuils qui traversent nos forêts à l’aube, des chamois qui parcourent les falaises du Haut-Doubs, des renards qui cheminent silencieusement à la lisière des bois, autant de présences discrètes et précieuses qui donnent à nos paysages leur âme sauvage.
Dans le Doubs, la faune sauvage continue pourtant de payer un lourd tribut aux prélèvements cynégétiques : la délégation ASPAS du Doubs appelle à un changement de regard, nos animaux libres et sauvages ne sont pas des quotas ou des trophées, ce sont des êtres vivants qui méritent eux aussi de pouvoir vivre en paix.

Chamois, des ambassadeurs du vivant, pas des cibles
Le plan de chasse 2026-2027 a prévu de tuer 309 chamois dans le Doubs, dont 154 jeunes animaux.
Comment accepter que ces animaux emblématiques de nos paysages soient encore considérés comme une ressource à prélever, au nom d’une activité qualifiée de « loisir récréatif » ?
Les chamois du Doubs ne sont pas un quota de chasse, ils sont les ambassadeurs d’une nature libre, vivante et fragile : nous avons la chance de pouvoir les observer dans leur milieu naturel, derrière chaque animal, il y a une vie et des familles, un monde d’interactions et d’équilibres, un patrimoine vivant.
Cela doit nous conduire à protéger et non détruire, les chamois méritent de vivre en paix, ils sont un patrimoine naturel commun qui ne saurait être réduit aux intérêts d’une minorité.
Chevreuils, mettre fin à la chasse d’été
La situation des chevreuils est tout aussi préoccupante :
Le plan de chasse 2026-2027 a prévu de tuer 4 604 chevreuils dans le Doubs, depuis le début de la saison le 1er juin 2026 et la clôture prévue pour fin janvier 2027 : 1 054 animaux étaient concernés par les prélèvements estivaux, par temps de canicule de surcroît.
Pour la délégation ASPAS Doubs, ainsi que l’ensemble des Associations de Protection de la Nature et citoyens, cette chasse récréative d’été doit cesser : la poursuite des animaux sauvages durant les mois les plus chauds soulève de sérieuses questions éthiques, alors que les chevreuils doivent également faire face aux contraintes de leur environnement et aux exigences de leur cycle biologique, l’été est la saison des amours et de la reproduction des chevreuils.
Certains supposés dégâts attribués à la faune sauvage peuvent appeler des réponses adaptées, mais ils ne sauraient justifier des prélèvements aussi massifs ; une forêt vivante ne se résume pas à un tableau de chasse, elle forme un ensemble complexe où chaque espèce joue son rôle et contribue à l’équilibre des écosystèmes.



Renards : apprendre à cohabiter avec le sauvage
Le renard, trop souvent victime de préjugés, mérite lui aussi notre considération.
Comme tout animal sauvage, il participe à la vie des écosystèmes, le réduire à une espèce nuisible sans tenir compte de son rôle écologique revient à porter sur la nature un regard réducteur : on estime à 3 000 le nombre de renards qui ont été tués annuellement par la chasse dans le Doubs, alors qu’il s’agit d’un allié précieux de l’agriculture.
Nous devons apprendre à mieux connaître, aimer et respecter le vivant plutôt que détruire, dépasser les idées reçues et rechercher des solutions de coexistence et non de destruction massive, la faune sauvage n’a pas à payer de sa vie les éventuelles difficultés que nous lui attribuons ou la simple satisfaction d’un loisir récréatif.
Le bien-être animal est aujourd’hui une préoccupation croissante pour nos compagnons domestiques, cette attention doit également s’étendre aux animaux sauvages qui ne sont pas moins dignes de considération parce qu’ils vivent libres et loin de nous.

Célébrer la nature et le monde vivant
La délégation ASPAS Doubs organisera à nouveau la Fête de la Nature à Charquemont au printemps 2027, qui sera l’occasion de faire découvrir la richesse de notre patrimoine naturel et de sensibiliser à la défense et protection de l’environnement : la faune sauvage, les forêts, les paysages et la biodiversité sont des biens communs, leur préservation exige davantage de respect, de responsabilité et de bienveillance.

