Un jeune illustrateur et dessinateur

Originaire de Frasne, ce jeune illustrateur a déjà quelques belles collaborations à son actif que ce soit avec des magazines comme Fluide Glacial ou avec des créateurs de jeu d’ambiance comme Kluster. Pas facile pour autant de percer dans le monde de l’illustration, mais pas de quoi le décourager. Portrait.

Quitter Frasne et le Haut-Doubs ne fait pas vraiment partie de ses projets, même s’il sait qu’il trouverait sans doute assez facilement à Paris ou dans une grande ville un emploi à temps plein dans l’illustration ou des opportunités de travail intéressantes.

“Je me sens plus dans mon élément à la campagne”, explique celui qui n’a pas eu d’autres choix que de trouver un emploi de vendeur à la fromagerie de Frasne. Cette expérience enrichissante, il l’exerce depuis trois ans. “Je travaille à 60 % pour pouvoir me libérer du temps de prospection. Cela me permet aussi de voir du monde.”
Installé en free-lance, Éliot Trouttet répond à toutes sortes de sollicitations où il peut exercer ses talents d’illustrateur.

Très attaché au cadre de vie, il sait qu’il a encore besoin de se faire connaître, de se diversifier aussi. Il s’est d’ailleurs engagé dans cette démarche en effectuant quelques missions pour des clients locaux : réalisation d’une fresque autour des années quatre-vingt pour le bar-restaurant L’Atelier à Pontarlier ou dernièrement mise en page du livre La haute Vallée du Drugeon qui vient d’être publié. “J’ai consacré plusieurs mois pour réaliser ce projet important avec un ouvrage richement illustré. Le graphisme ce n’est pas ma formation première. J’ai suivi quelques cours. Je sais qu’il faut sortir de son petit confort, multiplier les expériences.”

La passion du dessin remonte souvent à l’enfance. Éliot Trouttet n’échappe pas à la règle. “Quand je ne sais pas quoi faire, je dessine”, sourit l’intéressé. Après les années collège à Frasne puis le Bac S décroché au lycée Xavier-Marmier à Pontarlier, il poursuit son cursus à l’école Émile Cohl à Lyon où il restera cinq ans, le temps de préparer l’équivalent d’un master « Illustrateur et directeur de collection ».

“Les deux premières années étaient axées sur la maîtrise des techniques de peinture et de dessin. On s’est ensuite initié à l’utilisation des logiciels dédiés. Pour les deux dernières années, j’ai fait le choix de me spécialiser dans l’illustration et l’édition multimédia”, explique celui qui a quand même terminé major de sa promotion. Il retient aussi de son parcours, le stage de fin d’études de 6 mois passé dans un studio spécialisé en nouvelles technologies et jeux vidéo.

Au terme de son parcours, retour au pays et exercice de son art en freelance. “J’ai fait beaucoup de démarchages en ciblant notamment l’illustration de jeux de société car c’est un domaine qui correspond bien à mon style.” Cette prospection lui permet de décrocher quelques missions ponctuelles avec l’éditeur haut-savoyard Blam ou encore Borderline Édition spécialisé dans la création d’enquêtes express avec des cartes. “Ils m’ont confié la création de la banderole qui assure la promotion du jeu Kluster. Comme il s’agit d’un jeu assez stratégique, j’ai centré le dessin sur Napoléon.” Ce jeu a connu un rayonnement international.

Autre référence, Éliot Trouttet a eu l’occasion d’illustrer des nouvelles publiées dans Fluide Glacial. Il lui est arrivé également de créer des logos et des affiches pour des événements locaux comme ce fut récemment le cas pour le comice de Frasne dont l’édition a dû être repoussée à cause de la crise de la D.N.C.

Quand il ne dessine pas, il se met volontiers aux fourneaux, n’hésitant pas à partir sur des plats exotiques inspirés sans doute de sa compagne d’origine vénézuélienne. Quand on lui demande comment il qualifierait son style, il répond sans trop hésiter “Dans le cartoon” en montrant quelques-unes de ses créations qui ne manquent pas d'une certaine ironie.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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