Cette jeune Saugette d’adoption mais fière de l’être termine ses études en ingénierie aérospatiale. Un penchant certain pour regarder le monde d’en haut, une passion qu’elle cultive depuis sa plus tendre enfance en effectuant des vols en montgolfière
Quand on lui demande à quel âge elle a effectué son premier vol, elle manque un temps d’hésitation comme si ce baptême de l’air singulier était déjà un souvenir lointain. “Depuis toute jeune, entre 7 et 8 ans.” Elle accompagnait alors son père qui pilote aussi des montgolfières à ses heures perdues. “J’ai grandi dans le monde de l’aérostat. C'est de là qu’est née cette passion du vol et plus particulièrement de la montgolfière.” Qu’est-ce qui lui plaît tant dans cet aéronef ? “C’est difficile à dire, mais je pense que c’est la sensation de sérénité. On est vraiment comme sur un balcon. C’est magique comme expérience, on entend la nature, on sent les courants d’air. Bref, c’est unique !” Tout est dit !

À la différence de l’aviation civile de loisirs qui regroupe plus de 100 000 pilotes, ils sont tout au plus 600 aérostiers en France. Une petite communauté à part qui a longtemps fonctionné en auto-formation. “On a toujours pratiqué dans le club “Vent du futur” basé à Arc-et-Senans qui possède sept montgolfières. Mon père qui est aussi instructeur m’a dispensé la formation théorique et pratique. Quand j’ai passé mon brevet il y a cinq ans, il n’y avait pas encore d’examen formalisé. Mais le cadre a évolué et les futurs pilotes passent aujourd’hui un vrai diplôme avec des instructeurs certifiés.”

Rares sont ceux qui ont leur propre ballon sauf quelques amateurs fortunés ou qui vivent de cette activité en organisant des baptêmes de l’air. À titre indicatif, le prix d’une toile s’élève à 35 000 euros, sans compter la nacelle, les brûleurs, le carburant et toute la logistique de transport. Un loisir chic et cher, d’où l’intérêt d’aller dans un club.
Blandine Michel n’a pas encore finalisé sa formation. Le titulaire du brevet doit ensuite effectuer 50 heures de vol comme commandant de bord avec des passagers. “À l’issue, on passe alors un examen, on parle de qualification commerciale qui permet d’embarquer des personnes sur des vols payants”, résume la jeune aérostière de 22 ans qui peut quand même voler librement. Cet ultime examen figure au calendrier 2026. Cette année s’annonce donc particulièrement dense et active.

Bien avant ses études parisiennes, Blandine a grandi à Gilley où ses parents tiennent la pharmacie. Une enfance heureuse et une scolarité sans souci. Après le primaire, elle va au collège Bouquet à Morteau puis direction le lycée Xavier-Marmier à Pontarlier, choisi pour pouvoir y passer son Brevet d’initiation Aéronautique. Après le secondaire, direction Toulouse où elle débute une formation intégrée à l’I.P.S.A. qu’elle achève actuellement à Paris.
Sa passion du vol aurait pu l’inciter à tenter sa chance pour devenir pilote dans l’aviation civile ou l’armée. “J’ai eu l’occasion de faire de l’avion mais je ne retrouve pas le plaisir que j’ai à bord d’une montgolfière” dit-elle. L’idée d’une carrière militaire pourrait en revanche lui convenir, elle qui apprécie la discipline, le patriotisme.
Par le plus grand des hasards, l’opportunité de faire son stage de fin d’étude à Saint-Cyr s’est présentée. Ni une, ni deux. “On appelle ça le programme grande école. Ce stage se fera dans le génie.” L’occasion pour elle de vérifier si elle est militaro-compatible et pourquoi pas, quand elle aura son diplôme, d’intégrer l’école d’officier de Saint-Cyr. “Je m’éloigne un peu de l’aérospatiale mais en restant dans l’ingénierie.”
Déterminée à réussir ses études, Blandine restreint ses loisirs, en jouant un peu de batterie, et en pratiquant l’escalade. Et le Saugeais dans tout ça ? “Je n’oublie pas ma région. Je garde des liens avec ceux de ma génération avec qui j’ai été scolarisée de la maternelle jusqu’au collège. On a toujours plaisir à se revoir même si c’est plutôt dans le cadre de mes études que je me fais des amis aujourd’hui.”

