Originaire de Belleherbe, résidant à Grand’Combe- Châteleu, Hélène Ryser raconte dans un ouvrage qui vient de sortir le roman de sa vie. Une vie dont le cours a changé suite à un accident de santé dont elle se relève progressivement.
De son enfance au petit hameau de la Violette, commune de Belleherbe, Hélène Ryser, née Vuillier-Devillers, n’a gardé aucune trace dans sa mémoire. Ses amis d’enfance et ses fréquentations de jeunesse, bien sûr, elle les revoit désormais, mais elle ne parvient toujours pas à imprimer cette partie de sa vie. Les trois semaines de coma dans lesquels elle a été plongée il y a dix-sept ans ont eu raison de tous ses souvenirs.
C’est cette vie, ou plutôt ces deux vies, celle d’avant l’accident et celle de sa reconstruction, qu’Hélène Ryser, habitante de Grand’Combe-Châteleu s’est décidée à coucher sur papier. Son livre “Née pour deux vies” est le fruit de sa collaboration avec Cédric Sauriat, un écrivain installé dans la région d’Arc-et-Senans. “Moi je suis la raconteuse, lui l’écrivain” résume celle qui vient de sortir le roman de sa vie, en vente depuis le 19 mai, le jour de son anniversaire. Une sortie synonyme pour elle de renaissance.
Hélène Ryser a vécu une jeunesse comme la vivent des enfants du Haut-Doubs. Elle est née dans une famille d’agriculteurs. Elle a deux grandes sœurs et un frère jumeau. Collège de Sancey, puis lycée Pergaud à Besançon, la jeune fille se dirige ensuite vers une formation en comptabilité. Elle passera de longues années comme comptable dans une fédération de coopératives laitières.
Vient le temps de la grossesse. À 24 ans, elle met au monde une petite Margot, qui a 17 ans aujourd’hui. “La grossesse a été assez compliquée, le bébé ne prenait plus de poids, il a fallu suivre un traitement. Le lendemain de l’accouchement, je fais une embolie pulmonaire massive, avec arrêt du cœur. Et pendant mon transfert de la Polyclinique au C.H.U. pour ma réanimation, le brancard bascule. On a dû m’opérer de la tête, je fais une hémorragie, suivie de trois semaines de coma. À mon réveil, c’est le black-out complet, je ne me souviens plus de rien et on ne sait pas si je pourrai à nouveau marcher et parler” raconte-t-elle aujourd’hui.
Commence alors pour la jeune femme un interminable processus de rééducation fonctionnelle dans un établissement d’Héricourt où elle réapprend doucement à vivre. Retour à la maison à Grand’Combe au bout de trois mois. “J’ai dû tout réapprendre et en même temps apprendre à être maman” dit-elle. Un an et demi plus tard, elle peut enfin reprendre un travail, elle sera embauchée à l’entreprise Simonin à Montlebon où elle travaille toujours aujourd’hui.
Mais la jeune femme n’est toujours pas réparée. Elle souffre de chutes de tension régulières. Ce qui l’amène à entamer un long processus auprès d’une coach en soins énergétiques et en développement personnel. Les résultats sont étonnants. “Je n’ai plus jamais eu d’arrêts de travail depuis.”

En parallèle, Hélène Ryser entame un autre combat : que la justice répare le préjudice qu’elle a subi à l’occasion de cette fameuse chute de brancard. De première instance en appel, la bataille judiciaire sera finalement gagnée pour elle, avec le plus haut degré de juridiction français qui reconnaît le préjudice subi. Quinze ans de feuilleton judiciaire qui viennent de se refermer, avec pour l’habitante de Grand’Combe la satisfaction d’une issue heureuse.
Cette longue parenthèse étant refermée, elle a ressenti le besoin de se raconter à travers le livre qui vient de sortir. C’est le livre de sa vie, agrémenté de passages romancés qui en font une histoire agréable à lire, le roman d’une vie faite de chutes et de redressements.
“J’ai toujours aimé les livres basés sur des histoires vraies. En connaissant mon parcours, certains de mes proches m’encourageaient à écrire ma propre histoire. J’ai eu la chance de rencontrer Cédric Sauriat qui m’a permis de raconter mon histoire. Le processus d’écriture avec lui a duré près d’un an. Écrire ce livre a été pour moi un moyen de ne pas m’effondrer. Je ne l’ai pas fait pour me mettre en avant ou pour passer pour une victime, mais simplement parce que j’en ressentais le besoin. Et si les lecteurs l’apprécient et qu’il peut donner de l’espoir à certains, alors tant mieux” commente Hélène.
Sorti le 19 mai, le roman d’Hélène Ryser a été imprimé à 600 exemplaires. Elle devait faire avec l’auteur une première séance de dédicaces à la librairie Les Trois Souhaits de Morteau le 23 mai pour lancer officiellement la vente de son livre. Si aujourd’hui, Hélène n’est peut-être pas complètement réparée, elle se dit sereine. Consciente que “derrière les nuages, il y a toujours le soleil” dit-elle avec un sourire, encore léger, mais retrouvé.
