4 604 chevreuils à tuer au plan de chasse 2026-2027, dont 1054 dès le 1er juin.
Depuis le 1er juin, la chasse d'été du chevreuil est officiellement ouverte dans le Doubs : cette violence à l’égard du monde sauvage au cœur de l’été provoque l'indignation de l’ASPAS / Association de Protection des Animaux Sauvages, ainsi que de nombreuses autres Associations de Protection de la Nature.
Le 17 avril dernier, le Préfet du Doubs / Rémi Bastille et la DDT / Benoit Fabbri ont proposé un plafond maximal de 5 030 chevreuils pouvant être abattus durant la saison 2026-2027, contre 4 937 l'année précédente, avec une période de chasse qui s'étendra sur huit mois : cette décision constitue un scandale écologique et éthique, qui méprise le bien-être animal et notre biodiversité, un recul écologique sous la pression des lobbies agricoles, forestiers et cynégétiques.

Dans le prolongement de cette proposition, la Fédération Départementale des Chasseurs du Doubs a adopté le 22 mai un plan de chasse prévoyant de tuer 4 604 chevreuils, contre 4 458 au plan précédent : 1 054 chevreuils peuvent être tués dès le 1er juin, chasse d’été, « y compris dans la réserve de chasse si le maintien des équilibres biologiques et agro-sylvo-cynégétiques l’exige » : Les chevreuils ne sont pas des « nuisibles » ou espèces susceptibles d’occasionner des dégâts justifiant de les persécuter tout l’été...
Une activité de loisir, pas une nécessité écologique
Pour toutes les Associations de Protection de la Nature, ces chiffres traduisent une pression totalement excessive exercée sur une espèce emblématique de la faune sauvage du département.
Selon elles, les dégâts agricoles et forestiers régulièrement invoqués pour justifier ces prélèvements ne peuvent légitimer des tirs aussi importants, y compris dans les réserves de faune sauvage : elles estiment que cette chasse répond avant tout à une activité de loisir récréative concernant une minorité de 1,5 % de la population, et qu'elle entre en contradiction avec les enjeux actuels d’un point de vue éthique, bien-être animal et préservation de la biodiversité.
Les opposants à ce plan rappellent également que l'été constitue une période particulièrement sensible pour la faune sauvage : chez le chevreuil, l’été est la saison des amours et de la reproduction pour ce mammifère, dont les populations sont en baisse avérée importante dans le Doubs.

Une biodiversité bradée
Les associations soulignent également l'aspect économique du dispositif : le prix d'un bracelet de chasse attribué pour un chevreuil est fixé à 30 euros, montant à mettre en perspective avec l'estimation de la valeur écologique d'un chevreuil évoquée dans certaines études et par l'Office français de la biodiversité (OFB) : cette estimation est de l’ordre de 180 euros, valeur retrouvée dans certaines reventes de bracelets d’été chevreuils.
Les quelque 5 000 animaux susceptibles d'être prélevés représentent donc un chiffre d'affaires d'environ 150 000 euros : cette situation revient à attribuer une valeur marchande dérisoire à un patrimoine naturel appartenant à l'ensemble des citoyens.
Le rôle des prédateurs naturels mis en avant
Les défenseurs de la nature rappellent également que les populations de chevreuils et de chamois sont naturellement régulées par les grands prédateurs présents dans le massif jurassien, notamment le lynx boréal et les quelques loups : selon eux, ces prélèvements humains massifs perturbent l'équilibre naturel et réduisent la disponibilité des proies sauvages pour ces prédateurs, les conduisant parfois à se reporter sur des animaux domestiques plus facilement accessibles.
Un appel solennel à l'arrêt de la chasse d’été
L’ASPAS du Doubs, Association de Protection des Animaux Sauvages, ainsi que de nombreuses autres Associations de Protection de la Nature s'opposent à cette politique de gestion et destruction récréative : elles dénoncent une approche essentiellement utilitariste des animaux libres et sauvages et demandent la suppression de la chasse d'été récréative des chevreuils.
Au-delà de cette revendication, elles appellent à une réflexion plus large sur la place et le respect du vivant et de la biodiversité dans les politiques publiques.


