Passionnés de la race montbéliarde, Philippe Schaller et Philippe Marguet signent un ouvrage référence pour mieux comprendre les origines d’une race, son évolution, et les tensions entre les organisations qui chapeautent les différents schémas de sélection rattachés à l’histoire de cette vache.

Au-delà du prénom, Philippe Schaller et Philippe Marguet partagent en commun d’avoir été impliqués directement ou indirectement dans l’organisation de tous les Super Comices. Chacun des deux ayant présidé pendant de longues années les comices des cantons de Morteau et Pontarlier. Philippe Marguet qui avait déjà écrit un premier volet sur la race montbéliarde remet le couvert cette fois-ci avec Philippe Schaller tout aussi passionné que lui par cette race qui fait le bonheur des AOP fromagères emblématiques du massif jurassien.

Les deux auteurs Philippe Marguet et Philippe Schaller ont travaillé en étroite collaboration avec Sonia Masson qui les a beaucoup aidés dans la réalisation de l’ouvrage.

Ce nouvel ouvrage s’organise en cinq parenthèses ou chapitres. Le premier invite aux origines de la montbéliarde. “On est allé plus loin que le premier volet qui débutait en 1922 avec les premiers concours organisés à Besançon.” Pour mener à bien ce travail, les auteurs ont pu compter sur la précieuse collaboration de Gérard Tissot-Robbe, Nicolas Bucher et des familles d’éleveurs du Val de Morteau. Sources ministérielles, archives personnelles et familiales, ce chapitre historique dévoile des éléments inédits et particulièrement intéressants. “Si la race a bien été créée en 1889, la montbéliarde a été pour la première fois mentionnée sur un comice en 1873. On ne remet pas non plus en cause le fait que Graber ait bien donné le nom de la race montbéliarde mais on explique que l’essor de la race repose en grande partie sur les familles d’éleveurs du Val de Morteau. On tenait ainsi à rétablir la vérité en apportant des preuves irréfutables”, annonce Philippe Schaller.

Ce nouvel ouvrage se veut être accessible, précis et assez ludique avec plus de 1 000 photos réparties sur 200 pages. Dans le deuxième chapitre, Philippe Schaller revient sur toutes les attaques dont a été victime la race montbéliarde dont beaucoup ne tenaient pas forcément à la reconnaître comme telle, quitte à l’englober dans d’autres races comme la pie rouge de l’est ou la tachetée, autre nom de la simmental. La reconnaissance a fini par aboutir mais l’histoire était loin d’être finalisée, larvée par des crises internes. “Certains voulaient apporter des taureaux allemands, d’autres prônaient la holsteinisation de la race. Plusieurs courants s’opposaient sur les schémas de sélection, à commencer par le fameux Richème et Montbéliarde Sélection.” L’interdiction de la saillie naturelle provoquera la création de l’association des Sélectionneurs libres pour la Sauvegarde de la Montbéliarde Traditionnelle.

La troisième parenthèse, écrite par Philippe Marguet, est consacrée aux concours spéciaux et nationaux de la race organisés depuis 1895 et qui revenaient tous les trois ans, alternant entre pie rouge, simmental et montbéliarde.

Difficile d’écrire un livre sur la montbéliarde sans présenter les vaches et taureaux d’exception qui ont marqué leurs époques de 1950 à 2025. “On a retrouvé 280 photos. Les comparaisons sont particulièrement intéressantes d’une époque à l’autre entre les longs trayons des années cinquante nécessaires pour la traite manuelle et la forme des mamelles actuelles adaptées aux outils de traite modernes. Globalement on observe que le standard de la race a perdu de la puissance. La mixité bouchère-laitière était plus marquée avant. On constate aussi que dans le standard qui prévaut aujourd’hui, on revient de plus en plus vers ces critères de conformation.”

Le cinquième et dernier chapitre rassemble les insolites, les anecdotes, les personnages hauts en couleur. “Preuve de la stabilité qui régnait dans l’univers de la montbéliarde, le herd-book de cette race a connu seulement deux directeurs en 50 ans.” La réalisation de cet ouvrage représente trois années de recherche. “Il aurait dû sortir au Super Comice de 2025 mais avec la DNC, on a dû repousser d’une année”, rappelle Philippe Schaller qui était présent au Super Comice de Morteau avec son complice Philippe Marguet.

Le binôme n’oublie pas de souligner le rôle déterminant de Sonia Masson dans l’écriture et la mise en page du livre. Il salue également le soutien de la Fédération Départementale des Comices du Doubs qui a financé le projet.


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