Ses clichés remarqués dans plusieurs concours, font la une de festivals en France. Son premier livre est en préparation pour une parution dans les mois à venir.

Deuxième en 2023 du “Bird Photography of the year” (photo d’oiseau de l’année), Nicolas Groffal (qui signe ses photos sous le nom de Nicolas Poussin) finit en 2025 au pied du podium devant 30 000 concurrents. Un de ses clichés est retenu comme affiche du plus grand festival européen de Montier-en-Der et obtient le grand prix du Festival de Camargue l’année dernière.

“La participation à ces concours permet de me tester, de voir si ces photos plaisent à d’autres photographes et amoureux de la nature, car en fin de compte notre entourage proche est toujours enthousiasmé et pas forcément objectif” concède-t-il.

Son père faisait de la photo argentique et développait ses propres clichés à la maison et cela a toujours titillé Nicolas. Doté d’un premier appareil vers ses 10-12 ans, c’est à son arrivée à Maîche qu’il immortalise ses premiers oiseaux dans le jardin familial. “C’est Michel Paratte qui m’a vraiment embarqué dans cette passion et je n’ai plus jamais arrêté. Mon premier mammifère sur pattes saisi sur le vif fut un renard”, confie-t-il.

Un chardonneret élégant saisi dans son vol par Nicolas Groffal.

Lors des longues heures passées dans la nature sans rencontre marquante, il se console en tirant le portrait d’une vache au bord de la route ou en immortalisant un paysage sous de nouvelles couleurs. D’ailleurs nombre de ses tirages sont exposés à la Maison de Santé de Maîche. “Mon terrain de jeu, c’est mon territoire proche, je ne prendrai jamais un billet d’avion pour pister la panthère des neiges. Je préférerai toujours une prise de vue “waouh” sur un animal d’ici en veillant à toujours respecter la nature”, ajoute-t-il. Il s’intéresse depuis plusieurs années à la photo animalière artistique. “C’est vrai que prendre toujours en photo les petits oiseaux du jardin devient redondant”, reconnaît-il. Il utilise donc la technique du flash en second rideau pour réaliser ces clichés en mouvement, dans un court laps de temps entre la fin du jour et le début de la nuit. Le flash se déclenche à la fin d’une pose longue permettant d’imprimer une traînée. “Sachant que l’oiseau met 1/12ème de seconde pour traverser le capteur de l’appareil pendant le temps de pause, inutile de dire que le résultat n’est jamais garanti”, avoue-t-il.

500 clichés sont parfois nécessaires pour découvrir le bon. Il lui aura fallu un an pour maîtriser la technique après des essais décourageants. Fort de son expérience, Nicolas envisage aujourd’hui de s’attaquer également au monde des insectes. Son grand projet 2026 est un livre sur le lynx qui devrait paraître avant l’été. “Il y a 7 ans, j’ai commencé à suivre les traces d’une ombre, en arpentant sans relâche notre belle contrée du Haut-Doubs. Quatre années plus tard, j’ouvrais sur mon bureau un dossier intitulé “Livre”. Ce qui n’était alors qu’une ébauche, une idée un peu folle, devient une réalité… Une nouvelle vie, bien loin des milliards de bits stockés sur un disque dur !”, déclare-t-il.

“Lynx, à la rencontre d’un monde sauvage” présentera plus de 250 photos prises dans un rayon maximal de 30 km autour de Maîche avec des textes qu’il a lui-même rédigés. “Mon but est de faire connaître le lynx dans son milieu naturel à la fois si proche et si loin de nous”, conclut Nicolas Groffal.