Quatre antennes dans le Haut-Doubs

Longtemps identifiée comme une structure dédiée aux jeunes en situation de décrochage, la mission locale du Haut-Doubs propose en fait un accompagnement global à tous les jeunes entre 16 et 26 ans. Entretien avec Nadine Boillin, chargée de projet sur le site de Pontarlier.

La Presse Pontissalienne : Comment s’est passé le “Forum des possibles” organisé le 17 octobre dernier à Pontarlier ?
Nadine Boillin
: Cette rencontre avait fait l’objet d’un appel à projets lancé par la commune de Pontarlier dans le cadre de la politique de la ville à destination des quartiers défavorisés comme les Longs Traits, les Pareuses et Berlioz. L’idée était de communiquer autour de l’égalité des chances quel que soit le lieu où l’on a grandi. Une vingtaine de partenaires étaient présents sous le chapiteau installé place Zarautz : France Travail, les entreprises d’insertion, les organismes de formation, les structures de Petite Enfance… Une cinquantaine de jeunes ont participé à cet événement qui a permis de tisser des liens. On s’était appuyé sur les Maisons de quartier de Pontarlier pour relayer l’information.

“La mission locale est maintenant mieux identifiée dans le paysage local. On a fait des efforts en termes de visibilité”, note Nadine Boillin, chargé de projet à la Mission locale du Haut-Doubs.

L.P.P. : À qui s’adresse la Mission Locale ? Et comment êtes-vous organisé dans le Haut-Doubs ?
N.B.
: On accueille les jeunes qui ont entre 16 et 26 ans et jusqu’à 29 ans quand il s’agit de personnes en situation de handicap. Le siège de la Mission locale du Haut-Doubs est basé à Pontarlier avec trois antennes à Morteau, Maîche et Valdahon. On intervient sur neuf com’com avec une équipe de 19 salariés dont 10 conseillers, deux chargés de projet, une psychologue et des fonctions supports : comptabilité, gestion, communication. On est une association avec une mission de service public qui s’appuie sur des financements des partenaires : Europe, État, Région, Département, les neuf com’com et France Travail. Le dispositif Mil’Ô’Doubs est soutenu par le fonds F.S.E. et la C.A.F.

L.P.P. : Comment définir cette mission de service public ?
N.B.
: Il s’agit de proposer un accompagnement global aux jeunes pour les amener vers l’autonomie dans tous les secteurs : formation, projet professionnel, emploi, logement, santé, mobilité, démarches administratives.

L.P.P. : L’image des missions locales évolue ?
N.B.
: Tout à fait. Les missions locales qui ont été créées en 1982 ont longtemps été axées sur les jeunes en situation de décrochement. Depuis, les missions et le public ont bien évolué. 40 % des gens accueillis sur nos sites sont au moins bacheliers. Beaucoup souhaitent changer d’orientation pour s’engager vers des projets plus professionnalisants.

L.P.P. : Vous recevez aussi des jeunes venus dans le Haut-Doubs tenter leur chance en Suisse ?
N.B.
: Oui, mais ce n’est pas la majorité. Ils constatent parfois que la Suisse n’est pas si attractive qu’elle en a l’air. À partir de là, ils cherchent une solution d’emploi, ou alors ils repartent chez eux. On voit bien la différence avec les jeunes locaux qui sont plus informés des difficultés et risques liés au travail frontalier.

L.P.P. : Le logement peut être un obstacle à l’installation d’un jeune ?
N.B.
: C’est une vraie problématique. On peut lever certains freins avec des outils comme la caution solidaire. La question des mobilités dans le Haut-Doubs est un gros souci. Parmi les jeunes accueillis à la Mission locale, 70 % n’ont pas de moyens de déplacement. Il existe des dispositifs d’accompagnement incitatifs. Je pense, par exemple, au Contrat d’engagement jeune où l’intéressé doit effectuer 15 heures d’activité : Code de la route, bénévolat, ateliers collectifs. En contrepartie, il peut bénéficier d’une allocation dont le montant atteint jusqu’à 532 euros par mois. 205 jeunes ont ainsi été soutenus en 2024.

L.P.P. : Quelles sont les évolutions notables constatées depuis quelques années ?
N.B.
: On observe que le métier de conseiller est de plus en plus cadré réglementairement. Le niveau de formation des jeunes augmente d’année en année. Il y a aussi de plus en plus de mineurs. Cette catégorie représente 37 % des personnes en premier accueil.

L.P.P. : Le Mil’Ô Doubs est toujours d’actualité ?
N.B.
: Bien sûr. Ce camion aménagé va toujours à la rencontre des jeunes en milieu rural. Il se déplace pour tenir des permanences dans les bourgs centres ou sur demande.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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