Installé avec son épouse Marie, conjointe collaboratrice, sur une petite ferme à comté de 20 vaches, Denis Billod a reçu le premier prix national du Concours général Agricole - pratiques agroécologiques - Prairies et parcours, section Pâturage exclusif. Concilier production agricole de qualité et respect de l’environnement, c’est encore possible. La preuve.

Et dire qu’il n’était même pas candidat pour participer à ce concours initié d’abord à l’échelle de la coopérative laitière de Montlebon qui transforme environ 5 millions de litres de lait en comté affiné chez Monts et Terroirs à Poligny.

"C’est le Parc du Doubs Horloger qui a d’abord sélectionné la coopérative de Montlebon, laquelle a demandé à tous ses sociétaires qui voulaient participer. À la base, je n’étais pas inscrit et on m’a un peu poussé et finalement on a bien fait. Cette médaille permet de redorer l’image du comté qui est parfois écornée. Elle montre aussi que nos pratiques sont bonnes" note le lauréat.
Marie et Denis Billod privilégient une agriculture respectueuse de l’environnement.

Installés depuis 18 ans sur la ferme, Denis et Marie perpétuent une tradition qui se transmet depuis des générations privilégiant une agriculture proche de la nature. "On travaille sans engrais en respectant les bonnes phases de Lune au moment des épandages de fumier. On ne fait plus qu’un seul épandage de fumier à l’automne. On suit le même calendrier pour le parage des pieds des vaches." Quand ces soins sont prodigués en vieille lune descendante, le couple constate que la corne pousse moins vite tout en étant plus dure. "Cette façon de faire ne demande pas plus de temps de travail. C’est juste une question d’organisation."

Installés au hameau du Petit Gardot situé sur les hauteurs de la commune de Montlebon, Denis et Marie soignent un troupeau de 20 vaches laitières sur un parcellaire de 50 hectares dont 10 hectares de pré-bois. "On produit 120 000 litres de lait." Cette exploitation qui est probablement l’une des plus petites de la filière comté présente la particularité d’avoir la moitié de son parcellaire sur Suisse, donc non éligible aux primes européennes, au grand désarroi du couple. Mais ceci est une autre histoire…

La pâture sélectionnée pour le concours couvre 7 hectares sur France. Elle présente une forte diversité végétale : 70 espèces de plantes ont été recensées avec quelques raretés comme l’Orchis grenouille ou la Gentiane acaule. Elle contient aussi des espèces de graminées et légumineuses indicatrices de la bonne santé du sol. Des caractéristiques qui ne sont pas incompatibles avec la rentabilité économique. S’ajoutent d’autres spécificités comme l’ombre pour le bétail, le maintien des haies, des murets en pierres sèches.

Denis Billod tient à préserver le paysage typique du Haut-Doubs. Il a fait le choix du pâturage comme mode d’exploitation. Un pâturage adapté et bien maîtrisé qui participe aussi au maintien des prairies naturelles présentant un fort enjeu pour la protection de la biodiversité.

Plus guidés par la passion, l’amour de la terre que le profit, Denis et Marie Billod apprécieraient d’agrandir leur parcellaire, d’une part pour se donner plus d’aisance et d’autre part pour pouvoir opter pour le statut de G.A.E.C. entre époux. Faute de surface supplémentaire, Marie n’a d’autre choix que de rester conjoint collaboratrice mais ce statut va disparaître en décembre.


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