Le Vélo Club Morteau-Montbenoît (V.C.M.M.) a annoncé la mise en sommeil du prochain Tour du Doubs dans un souci de préserver la pérennité du club avec la volonté de se projeter sur un nouveau projet Tour du Doubs 2027.
Aussi populaire qu’il soit, l’événementiel coûte de plus en plus cher. “Avec les charges et les droits télé, cela devient de plus en plus difficile de boucler le budget. Les charges ont augmenté de 25 % en quatre ans. On finit toujours par trouver des solutions mais à quel prix ! C’est très chronophage”, justifie Jean-François Ducrot, le président du V.C.M.M. L’édition du 40ème Tour du Doubs en 2025 qui présentait la particularité d’un parcours inversé avec arrivée à Morteau restera un grand succès populaire et d’audience. La foule des grands jours était présente sur les principales difficultés de l’épreuve notamment dans le mur du Pissoux. La diffusion de la course en streaming a généré 500 000 vues en ligne.

Les organisateurs éprouvaient aussi le besoin de souffler un peu. Soucieux de toujours débattre collectivement des décisions concernant l’engagement du club, Jean-François Ducrot avait inscrit l’avenir de l’édition 2026 à l’ordre du jour de la réunion de bureau du 8 décembre dernier. Le verdict n’a pas laissé de place au doute : le report a été validé pratiquement à l’unanimité. Objectif de cette décision : préserver la pérennité du club et notamment l’avenir de l’équipe féminine qui défend les couleurs du V.C.M.M. en Nationale 1.
Pour autant, et Jean-François Ducrot le sait bien, le calendrier des courses cyclistes repose en grande partie sur l’investissement des clubs dans l’organisation des épreuves. On n’est pas dans la logique des sports collectifs avec des grosses fédérations qui gèrent les championnats. “Pour le Tour du Doubs, on a toujours la chance d’être soutenu par les collectivités que sont les villes de départ et d’arrivée ainsi que le Département et par nos partenaires privés. Le niveau d’aide est stable contrairement à celui des charges qui s’envole. Avant de prendre cette décision de lever le pied pour 2026, on avait déjà tâté le terrain avec des retours positifs et négatifs.”

Se pose aussi la question d’un contexte politique et économique en manque de visibilité et qui n’encourage pas le sponsoring. “C’est avant tout une décision de sagesse.” Tous les financeurs, sans oublier les adhérents du club, ont été informés en amont de la communication médiatique. C’est assez logique. Le Tour du Doubs mobilise 250 bénévoles dont la plupart des 200 licenciés du V.C.M.M. “C’est notre épreuve phare. Elle représente quand même 50 % du budget.”
La mise en sommeil ne remet pas en cause les autres courses organisées chaque année. Le club compte bien mettre à profit cette pause pour lancer une réflexion ambitieuse autour d’un nouveau projet Tour du Doubs 2027. “Rien n’a encore été défini. Seule certitude, on s’engage avec beaucoup d’envie dans ce projet.” Repenser le format de l’épreuve et imaginer une édition renouvelée à la hauteur de l’histoire de la course et de l’attachement du territoire à cet événement emblématique : tel est le nouveau challenge du V.C.M.M.
