Conseiller municipal qui entame son second mandat à Morteau, Nicolas Vaudeville, 38 ans, a perdu la vue en 2022 suite au dernier vaccin du Covid. Pas du genre à se laisser aller, il a continué à s’engager pour défendre la place du handicap dans la société.
Sa plus belle victoire politique sera sans doute celle d’avoir impulsé la création de la commission accessibilité et handicap et d’avoir œuvré ensuite aux côtés de Catherine Rognon qui présidait ladite commission pour organiser Le Printemps du handicap dont la dernière édition s’est tenue du 17 au 25 avril dernier à Morteau. Une semaine de sensibilisation pour s’informer, échanger et partager autour du handicap et de l’inclusion.
C’est aussi par le biais de cette commission que des séances de sport adapté ont été mises en place une fois par mois à la salle de gym du gymnase Léon Sur en partenariat avec l’association Handisport Pontarlier Morteau Maîche. “Je suis ravi que Cédric Bôle m’ait accordé sa confiance pour un second mandat à ses côtés. On doit encore travailler à la mise en place du plan handicap. S’il y avait plus de personnes en situation de handicap dans les conseils municipaux, elles seraient sans doute davantage écoutées”, estime Nicolas Vaudeville.
Originaire de Morteau, Nicolas Vaudeville qui est aussi diminué physiquement a suivi sa scolarité en classe inclusive dans une école bisontine. “Je suis revenu à Morteau en 2001 pour être placé à l’I.M.E. pendant 7 ans. J’ai eu l’occasion de faire des stages d’inclusion dans différentes structures comme l’Espace jeunes.”
La politique, c’est sa passion. En 2006, il entre au Conseil municipal des jeunes à Morteau. De quoi susciter en lui l’envie de s’engager dans la vie locale. À 20 ans, il intègre l’Établissement et Service d’Aide par le Travail de Morteau où il va travailler 17 ans au secrétariat-accueil-standard. Il s’investit aussi dans l’association des accidentés de la vie. En 2020, il est sur la liste de Cédric Bôle et se retrouve au conseil municipal, intégré dans la commission travaux, handicap, accessibilité.
Le Covid va changer sa vie. “En 2022, suite au dernier vaccin, j’ai commencé à perdre la vue. J’ai entrepris les démarches pour être accompagné et qu’on mette à disposition du matériel comme un portable, une tablette”, poursuit celui qui vit dans son propre appartement depuis neuf années. Bien entendu, la perte de la vision a bouleversé son existence. “Les déplacements sont très compliqués. J’ai toujours besoin d’être accompagné par des amis ou ma maman quand je dois me rendre quelque part.”
Passé l’acceptation de ce drame, il retrouve néanmoins assez vite l’enthousiasme et la volonté de s’en sortir qui le caractérise depuis toujours. “Il faut toujours aller de l’avant et ne pas s’enfermer” dit-il. Dans son malheur, il bénéficie des progrès technologiques notamment avec des outils numériques qui lui permettent de rester connecté avec le monde qui l’entoure.
Bien décidé à rester actif pour son second mandat d’élu, il a même choisi d’en faire plus. “Je reste toujours à la commission handicap et accessibilité car j'ai acquis de l’expérience et je pense que ce sera utile. J’ai aussi demandé à faire partie de la commission logement. On sait à quel point c’est difficile de trouver des solutions d’hébergement dans le secteur.” Quand on l’interroge sur le sens de son engagement dans la vie publique, il répond sans hésiter : “C’est pour dire qu’on est là. Il faut que le regard sur le handicap évolue encore, tout comme les aménagements au niveau de l’accessibilité.”
