Jusqu’au 19 avril, le musée Courbet à Ornans propose de vivre et ressentir l’art autrement en expérimentant la nouvelle exposition Rencontre intime avec les collections du Petit Palais. Les Portraits de famille sont mis à l’honneur dans ce nouveau concept qui vise à séduire un nouveau public, notamment les enfants
Briser, non pas le plafond de verre, mais les vitres parfois trop épaisses qui entourent les œuvres d’art dans les musées, c’est là le beau coup de pinceau de la nouvelle exposition du musée Courbet, Rencontre intime avec les collections du Petit palais. Exit les traditionnelles expositions hivernales, bienvenue à cette exposition immersive et sensorielle, réunie autour d’une quinzaine d’œuvres dont des prêts exceptionnels du musée parisien Le Petit palais. Les portraits de Régis, le père de Gustave, et de Juliette, la sœur, en sont de beaux exemples.

Avec cette exposition, le musée déploie une palette d’atouts qui séduisent. À commencer par la nouvelle position du visiteur dans le musée. “Le musée n’est pas un temple, mais un forum, un lieu ouvert, de partage, d’émotion, souligne Benjamin Foudral, le directeur-conservateur du musée. On souhaite permettre à un public de proximité qui n’a pas l’habitude de voir les expositions habituelles de venir ou revenir au musée, s’y sentir à l’aise. Le musée n’est pas un lieu sacralisé.”
Fort de 50 000 visiteurs, 85 000 sur l’ensemble du pôle Courbet, le musée suit une belle trajectoire. Seuls 9 % sont des enfants de moins de 18 ans, y compris les scolaires. L’objectif est donc entre autres de séduire les enfants grâce à cette exposition ludique.

Au gré des trois salles de l'exposition, le visiteur est invité à s’immerger et à participer à l’art. À prendre le temps de s’émouvoir et de rencontrer l’œuvre. Il peut s’essayer à l’art de la composition avec des dioramas, ou laisser son imagination galoper en sentant une odeur précise renvoyant à un portrait. L’odeur caractéristique de la vigne est ainsi associée au portrait du grand-père Oudot. Enfin, la troisième salle appelée la salle de contemplation met en scène de manière assez hypnotisante le portrait de Juliette Courbet.
Plongée dans une douce pénombre, cette peinture attire toute la lumière. Par le biais de trois dispositifs sonores, le visiteur-contemplateur prend le temps de s’asseoir et de s’imprégner de la toile peinte par le maître ornanais en 1844. Un casque anti-bruit permet de s’isoler de l’extérieur, un autre diffuse des extraits de correspondances de Gustave Courbet et le troisième donne à écouter la Causette de Juliette, un dialogue décalé et anachronique où la jeune sœur Courbet raconte la séance de pose à sa meilleure amie. L’équipe du musée Courbet a prêté sa voix pour l’occasion. Car ce projet est avant tout collectif, chaque personnel du musée a pu apporter son concours.
Montée en huit mois pour un coût beaucoup moins élevé que d’habitude (40 000 euros), cette nouvelle expérience muséale a pris vie grâce à la créativité de l’équipe du musée, chapeautée par Camille Cios, assistante de conservation. L’expérience se termine autour de tables de dessins et d’un grand tableau où il est possible de laisser un commentaire. “Il s’agit de créer un souvenir de sa visite mais aussi de créer de la discussion”, explique Camille Cios. Si le ludique permet d’approcher l’art autrement et d’attirer les non-initiés, les habitués et les puristes n’ont pas pour autant été oubliés. “On apporte des données scientifiques sur les œuvres. Mais tous ces dispositifs de médiation doivent permettre d’appréhender le musée différemment”, observe Camille Cios.
Le partenariat avec le Petit palais, conclu pour deux ans, dont la première incarnation est savoureuse, se concrétisera aussi en 2027 avec l’exposition Juliette Courbet à l’ombre de Gustave.
