Maîche en a été le précurseur avec la Maison de Santé. Charquemont comme Damprichard ont aussi choisi cette voie pour leurs bâtiments communaux

Un réseau de chaleur urbain produit et distribue de l’eau ou de la vapeur d’eau chaude, permettant de mutualiser le chauffage de plusieurs bâtiments. L’idée est bien sûr de réduire les coûts mais aussi la consommation énergétique et son impact environnemental. Le “bois-énergie” est une ressource possédant de multiples avantages : locale, renouvelable, peu émettrice de CO2, créatrice d’emplois locaux et non délocalisables. Elle est également la première énergie verte produite et consommée en France. De multiples solutions techniques s’offrent aux élus, mais sur le Plateau l’utilisation de résidus forestiers transformés en plaquettes ou de pellets était une évidence. Maîche avait déjà fait ce choix lors de la construction du Pôle Santé-Famille à la Rasse. “En 2013, c’était presque visionnaire”, pointe Manon Bondier, directrice générale des services de la Ville. Dès la phase de réflexion de la construction du groupe scolaire, ce mode de chauffage a été inclus et étendu aux proches bâtiments de l’A.D.A.P.E.I. “Nous réfléchissons actuellement à un nouveau réseau alimentant les bâtiments du Château du Désert avec une extension possible vers l’école Saint-Joseph”, ajoute-t-elle.

Les pôles santé & famille de Maîche (la Rasse) disposent d’un réseau de chaleur à plaquettes forestières depuis 2013.

La sylviculture est omniprésente dans nos contrées, faisant du bois-énergie un choix rationnel. “Nous produisons 60 000 tonnes de plaquettes forestières par an et nous fournissons entre autres les chaufferies de Maîche”, observe Bérenger Vuillemin, l’un des dirigeants d’À tout Bois au Russey. La société récupère les résidus d’exploitation forestière non valorisables en scierie ou en bord de routes. “Ces rondins sont broyés au printemps (mai-juin) puis stockés tout l’été, la chaleur dégagée permettant de réduire leur humidité à 20-25 %”, poursuit-il. L’entreprise ne fournit pas que de gros clients et conseille les plus petits utilisateurs (artisans, commerçants ou particuliers) pour le montage et l’alimentation de ce mode de chauffage.

À Charquemont, la transition écologique est déjà en pratique depuis longtemps. Le bâtiment du périscolaire a adopté la géothermie depuis de nombreuses années. Salle des fêtes et stade, ainsi qu’école et mairie ont abandonné le fuel domestique au profit des pellets il y a 10 ans. “Il en sera de même pour la mairie rénovée et son extension, ainsi que pour l’école élémentaire”, confirme Roland Martin, maire de la commune.

Damprichard a créé son premier réseau de chaleur en 2024 et opté pour une chaufferie à plaquettes de bois alimentant la mairie, l’école élémentaire et le presbytère. La deuxième phase des travaux est en cours pour le chauffage de la Maison des Associations, le périscolaire, l’école maternelle et 4 logements appartenant à la commune. Les communes sont en général assistées par le S.Y.D.E.D. (Syndicat mixte d’énergies du Doubs). Le défi du remplacement des énergies fossiles par du renouvelable ne s’improvise pas. Un accompagnement technique et un montage financier sont nécessaires pour les collectivités locales.

Mais on sent poindre dans le discours des maires de fortes inquiétudes quant aux investissements futurs sur ces projets indispensables mais coûteux, dans un fort contexte de contraintes budgétaires et de subventions en baisse permanente.


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