Patrick Mehlen, originaire du Pays de Montbéliard, dirige le Centre de recherche en cancérologie de Lyon. Par ses travaux, il cherche à retourner contre des tumeurs cancéreuses de l’enfant leur propre addiction à une certaine protéine.

Exploiter la dépendance des médulloblastomes à la nétrine-1 pour mieux les vaincre… Dit comme cela, pas facile de comprendre le sens du travail de Patrick Mehlen, un biologiste de 57 ans qui travaille à faire progresser la recherche dans sa lutte contre les cancers pédiatriques.

L’équipe de Patrick Mehlen a notamment travaillé avec le C.H.U. de Besançon sur certains tests thérapeutiques

L’idée de M. Mehlen et des équipes qu’il encadre est d’exploiter la dépendance de certains médulloblastomes agressifs (des cancers du cerveau) à une certaine molécule en la piégeant grâce à un anticorps spécialement conçu, ce qui en priverait les cellules cancéreuses et arrêterait leur développement. « Cette technique a déjà été évaluée chez l’adulte pour le traitement de cancers avancés, notamment en lien avec le C.H.U. de Besançon, explique Patrick Mehlen. Et ce blocage de la nétrine-1, seul ou en association avec d’autres traitements, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les cancers de l’enfant » résume le scientifique auréolé de plusieurs prix prestigieux et aujourd’hui directeur du Centre de recherche en cancérologie de Lyon.

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Après plusieurs années de recherche, l’équipe de M. Mehlen a développé un candidat-médicament qui doit « provoquer la mort de ces cellules cancéreuses qui refusent de mourir » image le scientifique qui espère démarrer la dernière phase de son étude clinique au printemps prochain « si on a les financements nécessaires » précise-t-il. Une phase qui pourrait précéder la mise sur le marché d’un médicament que certains patients adultes du C.H.U. de Besançon touchés par un cancer gynécologique ont déjà testé.

L’équipe de Patrick Mehlen est notamment soutenue par la Ligue contre le cancer. Avec 6,4 millions d’euros consacrés en 2024 aux cancers pédiatriques, la Ligue contre le cancer maintient sa position de premier financeur privé de la recherche.

Les cancers pédiatriques en chiffres

  • Les cancers sont la 1ère cause de décès par maladie chez les moins de 20 ans.
  • Chaque année, 1 800 enfants de moins de 15 ans sont touchés par un cancer en France. S’ajoutent 440 nouveaux cas annuels chez les adolescents de 15 à 17 ans. En 2023, on estimait à 900 le nombre de cas chez les 15-19 ans et à 1 400 le nombre de cas chez les 20-24 ans.
  • 1 cancer de l’enfant sur 5 est encore sans réponse thérapeutique satisfaisante.