Le nombre de femmes victimes de violences suivies par l’Espace fil d’Ariane, missionné pour accueillir et accompagner ce public, progresse de façon significative depuis le début de l’année.
« 37 filles ont été accompagnées en 2024. Depuis janvier, on en est à 56 victimes accueillies par l’équipe de l’Espace Fil d’Ariane », explique Mélanie Dulize, la directrice de Travail et Vie. L’association qui s’occupe de l’accueil de jour des « S.D.F. » à Pontarlier s’est diversifiée dans ses activités en intégrant l’Espace Fil d’Ariane.
Créé en 2022, ce service fait partie du Plan départemental de lutte contre les violences faites aux femmes. Ce dispositif intègre une quarantaine de partenaires : forces de l’ordre, services sociaux, associations impliquées de près ou de loin dans l’accompagnement des femmes victimes de violences… L’ensemble est piloté par la Direction Départementale de l’Emploi, du Travail, des Solidarités et de la Protection des Populations. Avec la directrice, l’espace Fil d’Ariane emploie trois travailleuses sociales, un cuisinier et s’appuie sur une équipe médicale bénévole. “L’activité s’articule en trois missions. L’espace Fil d’Ariane sert d’accueil de jour aux femmes victimes de violences qui peuvent venir avec ou sans enfants. Ici, elles ont la possibilité de prendre une douche, se restaurer, tisser du lien.”

Le service s’est ensuite vu confier une seconde mission lors de la création à la maison de santé de Pontarlier d’une cellule d’accompagnement médico-social. Baptisée L’Envol, cette structure associe des médecins, une psychologue et les trois référentes sociales de Fil d’Ariane. La troisième mission prolonge en quelque sorte les deux autres avec la gestion des cinq logements à Pontarlier : deux sont dédiés à l’hébergement d’urgence de femmes victimes de violences et trois servent de logements temporaires accompagnés.
“Les victimes appellent en général le 115 qui nous contacte ensuite pour aller chercher la personne au domicile conjugal, à l’hôtel, au commissariat voire juste pour l’écouter au téléphone.”
C’est le début de l’accompagnement qui peut aboutir à une prise en charge. “On procède d’abord à une évaluation des besoins qui permet de déclencher les services nécessaires : juriste, avocat, aide alimentaire, vestimentaire, hébergement. Il n’est pas toujours facile pour la victime de sortir de l’emprise de l’auteur des violences. D’autant plus qu’il existe aussi des tas de systèmes de géolocalisation qu’on essaie de neutraliser en changeant les portables, les adresses mail… Tout ce qui pourrait permettre de remonter vers la personne.”
Il n’y a pas de profil-type dans les femmes battues. On en trouve de 18 à 80 ans dans toutes les classes sociales. “On observe qu’il y en a un peu plus chez les filles qui exercent des professions autour du soin.” Quid de la spécificité frontalière du Haut-Doubs ? “Dans le public accompagné, on a quelques couples venus de loin pour travailler en Suisse et qui se retrouvent assez vite en situation d’isolement social et familial. C’est un terrain propice à la violence.”
L’hébergement des victimes dans les logements gérés par l’Espace Fil d’Ariane fait l’objet d’un contrat avec un accueil limité à une année. Ce parc de logements appartient aux collectivités, aux privés et aux bailleurs sociaux.
“On se mobilise aussi sur le champ de la prévention. On sollicite notamment les établissements scolaires pour venir présenter aux élèves le dispositif Fil d’Ariane et parler de la violence qui s’exerce sous toutes ses formes : physique, psychologique, économique…”
