La sécurité est au cœur des mesures prises dans cette activité indispensable en ce moment

L'activité globale a baissé de 40% dans l'entreprise de travail adapté qui a fait le choix de placer les salariés en situation de handicap au chômage partiel.

En plein confinement 7 tonnes de linges et vêtements, contre 12 t habituellement, sont traitées quotidiennement à la blanchisserie 

La sécurité au travail est une des priorités que s'est fixé Jean-Michel Laforge, le directeur du pôle Travail et Insertion professionnelle à l'ADAPEI du Doubs. "Avec le confinement, plusieurs dispositions ont été prises à l'UNAP de Pontarlier pour assurer la continuité du service, notamment pour tout ce qui concerne les vêtements de travail destinés aux établissements de santé ainsi que le linge des résidents en EHPAD et dans nos propres foyers ADAPEI. "
L'entreprise a également jugé plus prudent de ne pas recourir aux personnes en situation de handicap, soit une centaine de salariés, qui travaillent habituellement à l'UNAP. L'effectif opérationnel comprend 14 professionnels encadrants assistés de 35 intérimaires. "En temps normal, on est sur un tonnage journalier de 12 tonnes dont 60% sur le volet vêtements de travail. Les 5 tonnes restantes concernent le traitement et la location de linge, notamment pour la clientèle hôtelière. Ce volet est aujourd'hui pratiquement à l'arrêt depuis le début du confinement. Tout comme l'activité de sous-traitance industrielle. "
Les protocoles de protection s'appliquent aussi dans le fonctionnement de l'outil de travail : nettoyage des mains, prise de température du personnel, masques de protection, distanciation sociale en vigueur à l'atelier, aux vestiaires, dans l'espace restauration.

Le linge souillé ou contaminé est récupéré dans des sacs hydrosolubles placés directement dans les machines de lavage sans avoir besoin de les toucher directement.

Avec la remise en route progressive des grands groupes comme PSA, l'UNAP est de nouveau sollicitée sur le volet activités professionnelles. "On va relancer les ateliers à partir du 27 avril en réintégrant graduellement le personnel."
La continuité s'applique également dans l'accompagnement des 130 personnes en situation de handicap rattachées à l'ADAPEI de Pontarlier. Certaines résident au foyer d'hébergement situé rue de la Libération à Pontarlier, d'autres vivent dans leur famille et les plus autonomes sont logés en appartement. "On maintient le contact avec des échanges téléphoniques réguliers sur leur état de santé, leur humeur. C'est primordial d'être présent à leurs côtés même s'ils ne viennent plus travailler", rappelle Jean-Michel Laforge plutôt satisfait d'avoir été au rendez-vous de cet accompagnement social.

À quel niveau reprendra-t-on le 11 mai ?
La blanchisserie de l'UNAP à Pontarlier est l'une des rares activités commerciales de l'ADAPEI du Doubs à échapper à la récession. "Toutes les activités de sous-traitance sont à l'arrêt. La filière agro-alimentaire qui représente une production de 18 000 repas par jour fonctionne à 10% de sa capacité depuis la mi-mars. Les cafétérias de Morteau, Montbéliard et Besançon sont fermées. On vit une situation globale très compliquée avec 400 personnes au chômage partiel", déclare Franck Aigubelle, le directeur général de l'ADAPEI du Doubs qui garde quand même confiance en l'avenir.
Financièrement, l'ADAPEI du Doubs a de bonnes fondations consolidées depuis quatre ans de croissance. "On sait que les dotations seront maintenues sur la partie médico-sociale. Cela représente 60% de nos recettes. Pour les 40% liés aux activités commerciales, on bénéficiera sans doute pour partie des aides de l'Etat. La vraie interrogation est de savoir à quel niveau reprendra-t-on le 11 mai ? C'est ce qui m'inquiéte le plus."