Salariée en apprentissage chez M.D.A. à Avoudrey, Maude Vienet, 24 ans, a décroché la première place du podium aux WorldSkills 2025, catégorie maroquinerie. Une fierté pour la jeune femme passionnée par le travail du cuir.
La nouvelle génération des artisans-maroquiniers, c’est en partie elle qui l’incarne. À 24 ans, la jeune fille employée chez le fabricant de maroquinerie M.D.A. basé à Avoudrey - l’usine est bien visible depuis la 2 X 2 voies -, a décroché une des récompenses les plus prestigieuses de l’artisanat français : la médaille d’or aux WorldSkills 2025 (le nouveau nom des Olympiades des métiers) qui se déroulaient cet automne à Marseille.

La compétition réunissait la fine fleur nationale dans une soixantaine de métiers différents. Maude Vienet avait déjà remporté au printemps la finale régionale, c’est désormais sur la plus haute marche du podium national qu’elle est montée. “Au national, nous étions 10 qualifiés. J’ai fini première” résume la jeune fille originaire de Saint-Vit. Elle est montée sur la première marche du podium à l’issue d’une épreuve particulièrement sélective. “Il y a d’abord une épreuve qui dure entre 30 minutes et deux heures où il s’agit de présenter un produit de maroquinerie spécifique. Puis une grosse épreuve de 16 heures pendant laquelle il faut monter un sac de A à Z, où tous les gestes sont scrutés de près. Tout se joue sur de petits détails” décrit la lauréate qui est actuellement en deuxième année de B.T.S. “Métiers de la mode, chaussure et maroquinerie” à l’I.F.A.C. de Montbéliard, en alternance entre son école et son entreprise d’Avoudrey où elle a fait tout son apprentissage, depuis le C.A.P., en passant par le F.M.A. (Fabricant maroquinerie d’art).
Voilà donc quatre ans que Maude Vienet s’épanouit au sein de cette entreprise implantée en 2020 à Avoudrey, qui emploie aujourd’hui près de 180 salariés. M.D.A. travaille aujourd’hui exclusivement pour une des plus anciennes marques de maroquinerie du monde, la marque belge de haute maroquinerie Delvaux.
Elle qui a commencé en tant qu’opératrice-monteuse, Maude Vienet travaille aujourd’hui au bureau d’études de M.D.A. en tant que prototypiste et metteuse en œuvre où elle perfectionne son savoir-faire sur des produits de haute maroquinerie. “Mon travail consiste à rendre réalisables en série les projets que nous envoie le bureau de style basé à Bruxelles” explique l’artisane. Elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. “À l’issue de mon B.T.S. que je dois valider en juin prochain, je souhaiterais poursuivre ma formation et me spécialiser dans des disciplines comme le garnissage.”
Maude Vienet ne se prédestinait pourtant pas à ce début de carrière prometteur dans l’industrie haut de gamme, elle qui avait entamé une licence de langues à Besançon et souhaitait devenir professeure d’anglais. “C’était à l’époque du Covid, on est assez nombreux à avoir décroché à ce moment-là. Et comme j’aimais bien la couture, je me suis lancée dans cette formation. Je ne le regrette pas” dit-elle, passionnée par le travail du cuir. “J’ai toujours aimé travailler de mes mains. Le cuir est une matière fascinante, complexe et vivante, que l’on apprend à comprendre et à respecter. Les savoir-faire traditionnels sont le cœur du métier, mais les innovations ne peuvent qu’élargir le champ des possibles. Je crois à la complémentarité entre gestes anciens et techniques modernes” note-t-elle.

La jeune apprentie maîtrise aujourd’hui de nombreux savoir-faire - prototypage, maquettage, conception sur logiciel, préparation et montage de produits - et forme à son tour de jeunes opérateurs à l’atelier. À travers son métier, depuis Avoudrey, Maude Vienet contribue à son échelle à faire rayonner l’excellence du savoir-faire maroquinier français, reconnu dans le monde entier.
Acteur clé dans l’économie nationale, troisième secteur exportateur mondial et l’un des piliers de la balance commerciale française, la maroquinerie française repose sur un maillage d’ateliers et de P.M.E. ancrées dans les territoires, à l’image de M.D.A. à Avoudrey. À l’échelle de la région Bourgogne-Franche-Comté, 19 entreprises et 30 établissements représentent la maroquinerie, avec 3 400 salariés en 2024, contre 1 920 salariés il y a 10 ans. Un secteur en croissance constante. Si le secteur est porté par les grandes maisons de luxe connues de tous, il comprend aussi les sous-traitants, un tissu très divers d’acteurs dont 70 % de P.M.E. Une vraie locomotive pour l’économie française.
