Randy Mélis a trouvé un vaste atelier abritant ses machines, ses stocks de matériaux et les divers véhicules sur lesquels il est amené à travailler.
Ne trouvant plus de satisfaction personnelle dans son métier initial de vendeur automobile, un changement radical de carrière s’imposait pour Randy Mélis. “Les formations en sellerie sont rares, celle que l’on me proposait à Romans-sur-Isère était à mes frais et je n’en avais pas les moyens”, se souvient le jeune homme.
Déterminé, il poursuit ses recherches et décroche une formation de 11 mois à Soissons, financée par la Région Hauts-de-France. “J’ai eu ensuite la chance d’effectuer un stage dans la sellerie-bourrellerie de Jean-François Grémeaux à Onans. Cet artisan a un incroyable savoir-faire et j’ai pu apprendre énormément”, poursuit-il.

Il s’installe en 2024 dans un local désaffecté au 29, Grande rue à Belleherbe, rejoignant la très petite communauté des selliers-garnisseurs du département. “C’est vrai que nous ne sommes pas nombreux mais la sellerie n’est pas non plus une activité vitale pour les gens et il m’a fallu trouver des sources de revenus”, confie Randy. Il s’est naturellement tourné vers les garages du secteur pour effectuer des réparations sur des sièges et les garnitures de voiture d’occasion.
“Un changement de coiffe en alcantara (assise du siège, pièce la plus sensible à l’usure) coûte 1 300 euros chez le constructeur alors qu’une réfection sera facturée 450 euros ici”, constate-t-il.

Parallèlement, il travaille pour des particuliers et termine la restauration intérieure d’une Panhard Dyna X d’après-guerre. La rénovation d’un siège standard nécessite 6 à 8 heures de travail et un intérieur complet entre 35 et 40 heures. “Suivant les matériaux utilisés, la réfection d’un siège sera facturée entre 800 et 2 000 euros et une rénovation totale sur un véhicule ancien peut monter jusqu’à 10 000 euros”, poursuit Randy.
Sur une peau de 5 à 6 m², il y a pratiquement 30 % de chutes et c’est tout l’art du sellier d’utiliser à bon escient la matière première. “Une coiffe doit se réaliser dans le centre de la peau plus solide et avec plus d’élasticité afin de garantir un travail durable. Ce n’est bien sûr pas la priorité lors de la production en chaîne des véhicules”, précise-t-il.
Les motards constituent une bonne partie de sa clientèle. Les selles sur les motos sont un élément d’usure. La mousse se tasse et se dégrade, générant un inconfort, et le revêtement soumis aux intempéries se craquelle et s’affadit. “Ils n’ont pas toujours d’idées sur ce qu’ils veulent réellement et je leur soumets toujours des échantillons de couleurs et de matières. Je leur demande également de m’amener leurs motos complètes afin de réaliser un travail qui colle bien aux courbes et au design de l’engin”, précise-t-il.
Le matériel médical constitue le dernier pan de son activité. “L’utilisation massive de produits désinfectants pendant le Covid a mis à mal les tables et sièges des masseurs, dentistes ou esthéticiennes. Je conseille donc une réfection de ces outils avec des matériaux de bonne qualité qui durent dans le temps”, ajoute-t-il. Il propose même des réparations pendant le week-end pour ne pas gêner l’activité de ces professionnels. Se sentant de plus en plus à l’aise dans son artisanat, Randy Mélis ambitionne de travailler sur de plus en plus de véhicules d’exception.
Informations : Randy Mélis Sellerie au 06 45 62 78 28
rm.sellerie@hotmail.com
