Les cardiologues inquiets

À Besançon,  le professeur Marie-France Seronde s’occupe de l’étude du Groupe insuffisance cardiaque et cardiomyopathies (GICC). Des patients sont recherchés. Ils peuvent participer en ligne. La communauté des cardiologues est inquiète sur le fait que beaucoup de patients insuffisants cardiaques aient dû repousser leurs consultations ou leurs soins.

Besançon. Cardiologie et Covid-19 : le CHU participe à une enquête et recherche des patients
Le CHU de Besançon.

Le Groupe Insuffisance Cardiaque et Cardiomyopathies (GICC) lance une étude pour comprendre et évaluer les effets du confinement sur les patients insuffisants cardiaques. Dans la communauté médicale, beaucoup de spécialistes sont inquiets. À Besançon, c'est le professeur Marie-France Seronde qui pilote cette étude à laquelle les patients peuvent participer en ligne : https://urlz.fr/cJBc.
Un certain nombre de patients insuffisants cardiaques ne se sont pas rendus à leur
consultation chez leur médecin traitant et/ou cardiologue par peur de contamination au Covid-19, de surcharger les services réorganisés autour du Covid-19 ou tout simplement de déranger les soignants. Par conséquence, il a été constaté une baisse importante du nombre de consultations dans les services de cardiologie.

Cette perturbation importante peut générer d’autres conséquences.

L'enquête du Groupe auprès des malades veut mieux comprendre et évaluer
les effets du confinement sur les patients insuffisants cardiaques, notamment le ressenti de la maladie, son évolution et sa prise en charge. "Aujourd’hui, nous avons des indicateurs qui nous laissent penser que cette perturbation importante peut générer d’autres conséquences. Cette étude nous permettra de mieux cerner l’état et la prise en charge de nos patients" précise le professeur Nicolas Lamblin, chef de service Urgences et Soins intensifs de cardiologie, CHRU de Lille et président du GICC.
Les patients souffrant d’insuffisance cardiaque sont des patients dits "à risque" et nécessitent une thérapeutique adaptée, un suivi régulier et une bonne information éducative des patients et de leurs proches. La prévalence de l’insuffisance cardiaque est estimée à 2,3 % dans la population adulte et à 1,8 % dans l’ensemble de la population française (soit environ 1 130 000 personnes) selon la Haute Autorité de Santé. Chaque année, l’insuffisance cardiaque entraîne plus de 200 000 hospitalisations et cause le décès de 70 000 personnes.