Le festival de musique de Besançon, né en 1948, est un des plus anciens festivals culturels de France. La 79ème édition aura lieu du 11 au 20 septembre. À quoi va ressembler cette cuvée 2026 ? La réponse du directeur de l’événement, Jean-Michel Mathé.
Quelles couleurs aura cette édition 2026 du festival ?
Jean-Michel Mathé : Nous sommes dans une année sans concours des chefs d’orchestre, donc l’ambition en termes de fréquentation est à peine inférieure - nous espérons attirer 14 000 festivaliers, contre 18 000 quand il y a le concours -, mais l’idée est bien de garder tout ce qui fait la singularité de ce festival, avec ses points forts.
Lesquels ?
J.-M.M. : C’est un festival dont l’A.D.N. est composé des grands orchestres symphoniques. Nous aurons ainsi 5 grands moments symphoniques avec des orchestres de réputation internationale en provenance notamment de Belgique, d’Allemagne et de Norvège. Le deuxième point fort de notre festival, c’est la diversité des propositions, avec du classique symphonique, de la musique de chambre, du jazz, des musiques du monde, etc. Et du vocal avec notamment une formation très attendue qui revient à Besançon, la compagnie la Tempête. Une belle place sera également donnée à notre artiste Régis Campo qui termine sa résidence ici et qui proposera deux spectacles inédits, le premier à destination des familles, l’autre au Théâtre de l’Espace à Planoise, pour la première fois pour nous, avec de la musique contemporaine, de la vidéo, des cultures urbaines. Une manière de toucher une nouvelle fois un public qui ne va pas vers nous spontanément.
Comment se dérouleront les soirées d’ouverture ?
J.-M.M. : Depuis l’an dernier on a revu la formule. Le grand concert d’ouverture aux Prés-de-Vaux attirait un peu moins de monde et il était un peu excentré. On a recentré les choses dans la ville avec le retour d’un concert gratuit place de la Révolution le 11 au soir, avec de la musique baroque, suivi le lendemain par 5 autres concerts gratuits à plusieurs endroits de la ville (préfecture, kiosque Micaud, place de la Révolution), et du 16 au 19 septembre, 5 apéro-concerts jazz place Granvelle, qui plaisent de plus en plus au public. Au total, 13 concerts gratuits sont proposés. Avec ces formules, on touche beaucoup plus de monde et un public varié.
La fréquentation à 14 000 personnes (et 18 000 quand il y a le concours) est-elle un plafond de verre difficilement dépassable ?
J.-M.M. : On ne peut pas multiplier les concerts et surtout, nous avons des salles à la capacité limitée, 900 places au Théâtre, 500 à 600 au Kursaal en configuration symphonique. C’est trop peu pour espérer une fréquentation encore plus haute.
Dans le programme de Ludovic Fagaut figure le projet de rénover le Kursaal pour en faire une salle à haut niveau acoustique. Une bonne idée ?
J.-M.M. : Je reste prudent sur cette question. Le Kursaal a une capacité limitée, il n’y a pas de place pour des loges, etc. L’option idéale aurait été ce projet de centre des congrès-auditorium sur le site de Saint-Jacques mais cela reste « un doux rêve » car les temps sont ce qu’ils sont du point de vue financier. Ce problème ne date pas d’hier, il remonte à 1959 quand le Théâtre avait brûlé. Le Kursaal ne peut pas être que dédié à la musique symphonique, nous allons discuter sereinement avec la nouvelle équipe en place pour étudier les meilleurs scénarios. Un bel exemple de salle des congrès-auditorium, c’est ce qui a été fait à Poitiers.
Cela fait 14 ans que vous êtes à la tête du festival. Avez-vous le sentiment de l’avoir rendu plus populaire ?
J.-M.M. : Les concerts gratuits sont indiscutablement une porte d’entrée importante. Si quelqu’un tombe sur un concert gratuit et reste ne serait-ce qu’un quart d’heure ou 20 minutes, c’est déjà gagné. Et avec des prix qui démarrent à 6 euros pour les scolaires, 12 pour les adultes et même avec des pleins tarifs à 54 euros maximum pour les symphoniques, la moyenne des prix reste très accessible, beaucoup plus que certains concerts de musique actuelle ! On tient à conserver cette diversité d’offre et en cela oui, j’ai le sentiment que ce festival est un vrai rendez-vous populaire.
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