La concurrence internationale et les prix de l’acier viennent directement menacer la pérennité de l’activité du groupe Bourgeois à Besançon. Le patron alerte.
« Je ne veux pas me résoudre à devoir supprimer des postes ici, dans le berceau de l’entreprise » prévient Raymond-Nicolas Bourgeois, le directeur général du groupe éponyme. Dans la salle de réunion, au-dessus de la porte d’entrée sont encadrés les portraits de ses grands-parents, fondateurs de l’entreprise bisontine en 1929.
À l’aube de ses cent ans, le groupe R. Bourgeois est donc confronté à une situation inédite : « La concurrence significativement déséquilibrée de l’Inde et de la Chine » résume M. Bourgeois. Et les mesures de protectionnisme enfin décidées par l’Union européenne qui à partir de juillet prochain taxera les importations d’acier asiatique - baisse de la moitié des quotas d’importation d’acier et taxation à 50 % au-delà des quotas -, n’y changeront pas grand-chose puisque ces mesures ne concernent pas les éléments de moteurs. « Par conséquent, nos donneurs d’ordres, constructeurs automobiles, nous incitent, voire nous obligent à aller fabriquer nos pièces en Chine. Je ne peux pas me résoudre non plus à ce que notre site historique bisontin ne devienne plus qu’une plateforme logistique de pièces que nous fabriquerions sur nos sites chinois » ajoute le patron qui précise que « la distorsion de concurrence est telle que les prix de l’acier magnétique chinois sont quasiment 50 % moins chers qu’un acier magnétique européen » ajoute le dirigeant du groupe bisontin qui emploie 1 100 salariés dans le monde, dont 450 à Besançon.
Le résultat immédiat de cette situation tendue, c’est une baisse de 10 à 20 % du volume de production du site bisontin, une première historique. Ce ne sont pas des commandes perdues pour R. Bourgeois, mais des commandes que l’industriel bisontin a dû transférer sur son site chinois qui jusque-là ne servait qu’à alimenter le marché asiatique. R. Bourgeois a donc dû activer un plan d’activité partielle de longue durée pour une cinquantaine de ses salariés contraints d’accepter une perte de salaire d’environ 30 % contre le maintien de leur emploi.
La direction qui a alerté les autorités par un débrayage symbolique de ses salariés le 28 avril dernier prévient : « D’ici 3 à 5 ans, si l’Europe ne prend pas d’autres mesures de protection sur les produits dérivés de l’acier, c’est 50 % de nos effectifs salariés à Besançon qui pourraient être perdus » indique Raymond-Nicolas Bourgeois.
