Aline Chassagne, l’adjointe bisontine

À quelques mois de la fin de son premier mandat en tant qu’adjointe chargée de la Culture, Aline Chassagne revient sur les dernières actualités culturelles bisontines et dresse un premier bilan de son action.

La Presse Bisontine : Le festival Détonation s’est refermé le mois dernier. Quel bilan en avez-vous tiré, et la nouvelle formule est-elle la bonne ?
Aline Chassagne
: Après plusieurs éditions déficitaires qui mettaient même en péril les comptes de la Rodia, j’ai souhaité mettre le holà et qu’on revoie la formule, sur la base d’un nouveau modèle. Nous l’avons initiée l’an dernier et reproduit cette année sur le principe d’un festival qui ne mise plus sur des têtes d’affiche mais sur des formations pas encore vraiment très connues. Détonation a fait complet le samedi et a rempli à 93 % le vendredi. Je pense que nous avons trouvé la bonne formule.

L.P.B. : Cela se traduit comment en chiffres ?
A.C. :
Cette année, nous avions 45 artistes pour un budget global de moins de 100 000 euros pour l’enveloppe artistique. C’est parfois le montant pour une seule grosse tête d’affiche. En 2022, Détonation avait un budget de 700 000 euros, il accusait un déficit de 63 000 euros. En 2023 et 2024, le budget oscillait entre 350 000 et 450 000 euros, mais le déficit était toujours de 40 000 à 76 000 euros. On continuait à soutenir un modèle qui avait montré ses limites. Cette année, en réduisant la voilure à un budget global de 300 000 euros, non seulement Détonation ne perd plus d’argent, mais dégage un petit bénéfice de 15 000 euros. C’est une réussite financière, et on montre encore que la culture, ce sont aussi des retombées économiques pour notre ville. Et une réussite populaire car les retours du public sont très positifs. Détonation continuera sur cette formule gagnante. Et le festival ne pèse plus que 12 % du budget global de la Rodia et non plus 30 %, un niveau qui comportait trop de risques.

Aline Chassagne, l’adjointe bisontine à la Culture.

L.P.B. : Une polémique est née entre vous et la Saline d’Arc-et-Senans et le Département, car vous désapprouviez le fait que la Saline ait décidé de programmer des concerts de musiques actuelles, venant concurrencer la Rodia entre autres. Cette polémique est-elle réglée ?
A.C.
: Nous nous sommes expliqués avec Hubert Tassy le directeur de la Saline, il nous a assuré que l’activité musiques actuelles à la Saline ne serait pérennisée que si elle était à l’équilibre. Je lui reprochais d’avoir lancé cette activité sans nous en parler, à nous Rodia, Moloco et Moulin de Brainans. Nous pensons qu’il serait plus cohérent de proposer quelque chose d’intelligent à l’échelle de ce grand territoire, sans faire des choses chacun dans son coin. J’appelle à organiser des rencontres plus fréquentes entre élus et acteurs culturels de la région.

L.P.B. : Vous êtes sur le point de terminer votre mandat d’adjointe à la Culture. Quel bilan en tirez-vous ?
A.C.
: Une expérience très enrichissante avec je le pense, des réussites : une meilleure répartition des propositions culturelles sur la ville, le développement des événements culturels dans l’espace public avec des spectacles gratuits et œuvres d’art dans la ville (statues, photos…), le développement et le soutien aux festivals avec des modèles plus vertueux, des budgets supplémentaires pour des projets dans les quartiers populaires, la mise en visibilité de plusieurs femmes célèbres (statues et noms de rue), le développement des parcours culturels dans toute la ville dès la maternelle, etc. Il y a aussi les déceptions comme le dossier de la Maison Colette que je n’ai pas réussi à faire avancer plus que cela, et les quelques polémiques qui ont émaillé le mandat comme la statue de Jenny d’Héricourt, mais au final, je pense que c’était un mandat extrêmement riche et enrichissant pour moi. En plus, on a enregistré une augmentation nette du budget culture entre le début et la fin du mandat, c’est une belle satisfaction pour moi.


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