Avec des prix du neuf atteignant et dépassant désormais souvent les 4 000 euros du mètre carré, se loger dans le neuf est devenu un vrai casse-tête pour qui n’est pas travailleur frontalier ou cadre supérieur. D’où la volonté d’un nombre de plus en plus important de collectivités locales qui travaillent en lien étroit avec les promoteurs immobiliers et les bailleurs sociaux de pouvoir proposer des logements accessibles au plus grand nombre. Pour l’avenir de notre secteur, c’est un enjeu essentiel.

Habitat locatif social : la bande frontalière sous tension

Le Doubs n’échappe pas à la crise du logement qui se traduit par une offre insuffisante et une forte pression sur le logement social. Aucun secteur n’est épargné et la tension sur le logement social locatif se maintient en zone urbaine comme en milieu rural

En Bourgogne-Franche-Comté, l’offre locative sociale s’élève à 188 000 logements au 1er janvier 2025. Cela représente 14,2 % des résidences principales contre 17,3 % au niveau national. Sur un an, ce parc diminue de 0,5 % alors qu’il progresse de 0,5 % au niveau national. En six ans, la baisse atteint -1,1 % alors que dans le même temps l’ensemble des résidences principales a augmenté sur la période 2016-2022 de 3,1 %.

Dans le Doubs, au 1er janvier 2025, on comptait 35 744 logements sociaux locatifs conventionnés avec l’État, soit 1 656 de moins qu’en 2018 malgré un rythme de créations moyen de 361 nouveaux logements sociaux par an. Cette diminution du parc est liée soit à des démolitions, soit à des ventes de ces logements. Les trois plus grandes villes du Doubs concentrent plus de 90 % de l’offre de logements sociaux et seul le Grand Pontarlier voit son parc évoluer de 4,4 % depuis 2018 alors que celui du Grand Besançon diminue d’1 % et celui de Pays de Montbéliard Agglomération accuse la plus forte diminution, en chute de 10 %, soit 1 468 logements en moins sur 7 ans.

Évolution du parc de logements par com’com dans le Doubs entre 2018 et 2025, taux de tension en 2024 (source D.D.T. 25)

À l’échelle du Haut-Doubs, on est passé de 3 517 logements sociaux en 2018 à 3 913 en 2025. Cette progression masque des disparités entre les différentes communautés de communes. Les plus fortes progressions concernent les com’com Altitude 800 avec + 24,7 %, Lacs et Montagnes du Haut-Doubs avec + 12,5 % et le Val de Morteau avec + 5,3 %. À l’inverse, le tiercé des plus fortes régressions met à l’index Entre Doubs et Loue avec – 11 %, suivi du Plateau de Frasne et Val de Drugeon avec - 7,7 % et le Pays de Maîche complète le podium avec - 5,2 %.

Autre indicateur assez significatif des besoins : le taux de tension dans le parc social. Ce pourcentage est le quotient du nombre de demandes sur le nombre d’attributions de logements sociaux. Il caractérise ainsi le nombre de demandes qui sont satisfaites. Ainsi lorsqu’un taux de tension est de 5, cela signifie que pour 5 demandes de logements sociaux sur le territoire en question, seule une demande peut être satisfaite. Un territoire est considéré comme détendu si son taux de tension est inférieur à 2. D’une manière générale, les taux de tension sont plus élevés dans les petits logements T1 ou T2 que sur les logements classiques T3 ou T4. Le seul territoire du Doubs qui est détendu concerne assez paradoxalement celui de Pays de Montbéliard Agglomération. On retrouve une situation détendue au Pays de Maîche, lui aussi en régression de logements sociaux.

À l’échelle du Doubs, le taux de tension moyen est de 3,1 %, évoluant à la hausse depuis quelques années. Sur le Haut-Doubs, les territoires les plus productifs en logements sont loin d’être les plus détendus : le Grand Pontarlier est à 8, le Val de Morteau à 7, le record revenant à la com’com du Plateau de Frasne et du Val de Drugeon qui pointe à 21. Certains taux sont élevés en raison de chiffres faibles en demandes ou attributions, d’où l’importance de relativiser les comparaisons.

La carte du zonage ABC

Révisée en 2025 dans le Doubs, la carte zonage dite ABC classe les communes en fonction du déséquilibre entre l’offre et la demande de logements. La zone détermine le revenu maximal pour avoir droit à un logement social. Il donne droit à une réduction d’impôts pour le bailleur et fixe les plafonds des loyers. La révision 2025 met en évidence les déséquilibres à Besançon, Valdahon, Pontarlier et les zones frontalières proches des grands axes de passage aux douanes du Col des Roches et de Vallorbe (source D.D.T. 25).


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