À l’occasion des journées nationales de l’architecture, le Parc naturel régional du Doubs Horloger a organisé des visites de bâtiments sur le thème de l’architecture et la transition écologique. À Morteau, la maison écologique et bioclimatique de Sandrine Greusard fait figure d’exemple. Visite guidée.

Perchée sur un promontoire, à quelques mètres du lycée Edgar-Faure, la maison de Sandrine Greusard ressemble de premier abord à une ferme comtoise à l’ancienne. Une volonté bien affichée de la propriétaire dès le départ. Pour autant, l’aspect traditionnel n’efface ni n’oublie l’écoconception qui imprègne chaque mur, chaque poutre, chaque mètre carré de cette vaste demeure.

Le réemploi est très présent dans la maison de Sandrine Greusard, comme la cloison montée avec des anciennes portes.

Une maison éco-conçue

“L’idée était de trouver comment valoriser ce terrain de manière la moins impactante écologiquement”, resitue Sandrine Greusard.

Il aura fallu près de dix ans à la Mortuacienne pour concevoir les plans de sa maison, grâce entre autres à une formation près de Lyon en écoconception. Et depuis trois ans, la maison bioclimatique est en construction. Si le gros œuvre a été réalisé par des artisans locaux, le second œuvre sort de la main de Sandrine, par ailleurs éco-peintre en bâtiment. Cloisons intérieures, parquets, sols, électricité, plomberie, isolation... Elle organise des chantiers participatifs dont l’un des objectifs est la transmission de l’écoconstruction. “Réemploi, gestion raisonnée des ressources, pas d’énergie pour le chauffage, utilisation de matériaux locaux, bio-sourcés, dans les principes de conception bioclimatique... Cette maison affiche tous les critères pour répondre au thème architecture et transition écologique”, souligne Chloé Personeni, chargée de mission architecture et paysage au P.N.R. du Doubs Horloger.

Paille et terre minérale pour l'isolation

Dans la maison de Sandrine Greusard, en ossature bois locale, les murs sont isolés avec de la paille. “La paille isole tout l’extérieur de la maison, les bottes sont hypercompressées, c’est important pour qu’il n’y ait pas de ponts thermiques”, explique la propriétaire. De la terre minérale est rajoutée pour l’inertie de la maison. “La terre minérale est isolante, garde et restitue la chaleur, régule l’hygrométrie, absorbe les odeurs”, liste Sandrine Greusard. Qui a pris le temps et le soin de choisir des matériaux qui permettent la migration de la vapeur d’eau. “Il faut respecter la faculté de respiration, la maison est étanche à l’air mais permet la circulation de la vapeur d’eau. Si la paille est mouillée, elle est foutue.”

Récupération d'eau de pluie

Trois cuves de 5 000 litres fabriquées à Épenoy servent à récupérer l’eau qui est filtrée et peut être ensuite consommée. Enterrées avec plus de 80 centimètres de terre au-dessus, les cuves gardent l’eau à moins de 15 °C. “La toiture compte 12 panneaux photovoltaïques et trois thermiques équipés de bacs de récupération de chaleur et reliés à un module qui la stocke et la restitue la nuit”, explique Sandrine Greusard qui a aussi installé un puits canadien relié à une V.M.C. double flux. “On prend l’air à l’extérieur, le tuyau part dans le sol à au moins 1,5 m de profondeur et revient dans la maison. L’air se réchauffe pendant le transport et arrive à environ 12 °C dans la maison. Ce système nécessite moins d’énergie pour chauffer l’intérieur. Et l’air peut aussi bien chauffer que rafraîchir.” Quant à l’eau, elle sera chauffée à terme grâce à trois énergies : panneaux thermiques solaires, résistance et poêle de masse autoconstruit.

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Poêle de masse et hammam

Ce dernier en briques réfractaires permet en une flambée de chauffer presque tout le volume de la maison ainsi que de cuisiner dedans grâce à un foyer et un four à cuisson lente. “Derrière le poêle, je vais installer la douche et un hammam qui sera chauffé grâce au poêle.”

Matériaux bioclimatiques

Sol en pierre, mur en pisé, Vélux, baies vitrées, serre d’abondance... Sandrine Greusard multiplie les matériaux et équipements pour l’inertie de la maison afin d’utiliser le moins d’énergie possible.

Par ailleurs, le réemploi est très présent comme le sol de son salon fait à partir de vieilles planches de grange, de portes montées en cloisons, ou son garde-corps qui sera constitué de lits en fer forgé.

Si la maison est toujours en travaux, elle est déjà habitable. À terme, Sandrine Greusard souhaite en faire une maison partagée et louer des chambres aux étudiants, confrontés aux difficultés de logement.