Unique en Bourgogne-Franche-Comté, le Bachelor Management et Communication de projets Touristiques illustre le besoin de renforcer les compétences des futurs professionnels du tourisme dans un secteur d’activité en pleine transition climatique et numérique.

Exemple parfois ignoré mais assez significatif de l’impact de la transition climatique dans le Haut-Doubs, une nouvelle clientèle en mal de fraîcheur et de liberté séjourne dans la montagne jurassienne en toute liberté dans des zones protégées ou sur des terres à vocation agricole, ce qui ne va pas sans poser des soucis avec les locaux. "Aujourd’hui, on est plus engagé dans une démarche de régulation que de développement touristique", explique Florian Marguet, chargé de mission éco-tourisme au Parc Naturel Régional du Haut-Jura.

Mylène Maillot et Gaëlle Bonneville, les deux enseignants responsables de ce nouveau bachelor touristique

Le contexte change et les attentes des responsables de sites touristiques vis-à-vis de leurs salariés évoluent comme en témoigne Loïc Baud, responsable du circuit touristique au fort des Rousses-Juraflore. "On est de plus en plus exigeant sur la posture. Il faut qu’un apprenant sache s’adapter et ait bien le sens des contacts humains. On cherche de l’implication, une vraie motivation, une attitude professionnelle. On ne recrutera pas forcément celui qui sait tout mais on préférera celui qui donne envie."

Ces deux exemples ont été présentés lors de l’inauguration du nouveau Bachelor touristique, un diplôme conçu pour répondre aux besoins croissants de professionnalisation sur le territoire du Haut-Doubs et plus globalement des montagnes du Jura. "Cela montre aussi la capacité de la M.F.R. de Pontarlier à innover en proposant des parcours diversifiant en lien avec les acteurs du Haut-Doubs", souligne Romuald Vivot, le président de la M.F.R. de Pontarlier.

Le cursus de formation proposé dans le cadre de ce Bachelor mise sur une pédagogie de projet où l’étudiant devient un acteur direct du développement local. "Ils vont travailler pendant une année en alternance sur un projet de développement touristique pour mettre en valeur les nouveaux produits, services, activités des structures qui les accueillent", explique Mylène Maillot qui encadre cette formation avec sa collègue Gaëlle Bonneville.

Le cursus de diplôme Bac +3 se décompose en quatre étapes. Tout commence par la mise en œuvre du projet en lien avec les partenaires. Cette base permet d’initier le développement marketing de la structure en réalisant un diagnostic, une étude de marché. De quoi finaliser ensuite l’étude de faisabilité du projet notamment sur le plan financier. La quatrième et dernière partie cible la démarche qualité de l’accueil touristique. "En guise d’examen final, les étudiants viendront présenter leur projet devant un jury de professionnels avec bien entendu une présentation en anglais", complète la responsable de formation.

Six étudiants dont la moitié sort du B.T.S. tourisme de la M.F.R. ont déjà été sélectionnés pour faire partie de cette première promotion qui devrait accueillir 10 candidats. "C’est une expérience qui va beaucoup m’apporter", estime Mélanie, heureuse sélectionnée qui travaille actuellement à l’hôtel Saint-Pierre à Pontarlier. "Ce Bachelor va me permettre de sécuriser mon parcours", indique Bastien qui a déjà effectué son B.T.S. tourisme au village vacances du Duchet à Prénovel où il poursuivra son alternance. Même point de vue pour Jenny, 22 ans, salariée au camping du Chaney à Ornans. "Ce Bachelor est professionnalisant pour la suite" dit-elle.

“Une M.F.R. sans son territoire, elle se meurt”

“On se laisse trois ans pour valider ou pas cette formation”, confie Mahamdi Wacylla, la directrice de la M.F.R. de Pontarlier.

Précédemment directrice adjointe de la structure, Mahamdi Wacylla remplace désormais Jean-Baptiste Malivernay, l’ancien directeur, parti vers d’autres horizons professionnels. “On a interrogé une cinquantaine de partenaires pour mettre en place et définir le contenu de ce Bachelor qui répond à un vrai besoin de territoire. Une M.F.R. sans son territoire, elle se meurt. On veut proposer une formation très pragmatique et on se donne trois ans pour la valider ou pas. Cela permet aussi d’attirer de nouveaux publics vers la M.F.R. de Pontarlier. C’est aussi une autre façon d’affirmer l’identité de la M.F.R.”, souligne la directrice aujourd’hui à la tête d’un établissement qui accueille 180 élèves répartis sur huit formations.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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