Allergique à la plupart des produits utilisés dans la coiffure, Maïlys Wenta qui vient de s’installer à Houtaud a trouvé la parade en utilisant des produits naturels qui préservent sa santé tout en lui permettant d’exercer sa passion

Il a suffi d’un stage de 3ème effectué chez sa tante coiffeuse à Jougne pour qu’elle découvre le métier qu’elle voulait exercer. Une belle vocation. “Après le collège, j’ai préparé par alternance un C.A.P. et un brevet professionnel à l’école de coiffure A.F.C.O. à Besançon.”

En privilégiant des produits naturels, Maïlys Wenta a pu ouvrir son propre salon de coiffure

Originaire de Malpas, Maïlys Wenta, 20 ans, a des allergies depuis sa plus tendre enfance. Pratiquement un atavisme génétique au sein d’une famille où plusieurs autres membres développent aussi ce type de pathologies. “On a des peaux assez sensibles” dit-elle. Si elle n’a pas trop de souci en débutant sa formation, les premiers signes surviennent au bout de quatre mois. “Comme on était en plein hiver, je ne me suis pas trop inquiétée.” Cependant, la situation finit par s’aggraver au fil des mois au point de devoir suspendre son travail dans le salon où elle effectue son apprentissage. Elle réalise alors des tests d’allergies dans un service spécialisé au C.H.U. Minjoz. “Ces examens ont révélé que j’étais allergique aux persulfates d’ammonium présents dans les produits de décoloration et à la paraphénylènediamine ou P.P.D., substance qu’on retrouve dans les colorants capillaires.” Elle réussit à trouver un arrangement avec son école pour poursuivre sa formation.

Pour autant, elle devra changer plusieurs fois de lieu d’apprentissage avant de trouver son bonheur au salon de coiffure et d'esthétique Chez l’essentiel situé sur la zone commerciale de l’Ambouchi à La Cluse-et-Mijoux. “Je suis restée deux ans et demi dans ce salon qui utilise beaucoup de produits naturels. J’ai beaucoup appris et gagné en autonomie. Les derniers mois, j’ai eu des problèmes respiratoires. J’ai de nouveau consulté pour découvrir que je faisais de l’asthme professionnel. On m’a prescrit un traitement type ventoline mais mon état ne s’arrangeait pas. Du coup, j’ai quitté ce salon pour lancer mon projet d’installation.”

Ses recherches aboutissent à Houtaud avec la reprise d’un local commercial occupé précédemment par une esthéticienne. “On l’a complètement réaménagé en famille.” Ouvert depuis le 1er septembre, ce salon mixte est baptisé Bees en référence au mot anglais qui signifie abeilles. “J’ai fait le choix d’utiliser uniquement des produits naturels. Je me fournis auprès de la société “Terre de couleur” où j’ai aussi reçu une formation pour me familiariser avec les bons dosages.”

Travailler dans son propre salon de coiffure, c’est un rêve qui se concrétise. “Les quatre années d’apprentissage ont été assez compliquées. Aujourd’hui, je dirais que c’est un mal pour un bien car j’ai quand même pu finaliser mon projet. Le traitement des allergies m’a permis de côtoyer des personnes qui avaient les mêmes problèmes que moi. Ces allergies m’ont aussi ouvert les yeux sur l’intérêt de privilégier des produits naturels pas seulement pour la coiffure mais dans toutes les tâches quotidiennes. Une partie de ma clientèle est attachée au côté naturel, d’autres personnes viennent sans se soucier de cette spécificité.”


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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