Le candidat a arrêté sa campagne, priorité absolue à la crise

Ludovic Fagaut a mis sa campagne en stand-by (photo archive JFH)

Le deuxième homme des municipales à Besançon se concentre sur la crise sanitaire et le fonctionnement de son collège. Nous l'avons sollicité pour une interview.

La Presse du Doubs : Quel est votre quotidien depuis le lendemain du premier tour des municipales où vous êtes arrivé en deuxième position avec près de 24% des suffrages ?
Ludovic Fagaut :  En tant que principal du collège de Pouilley-les-Vignes, je gère principalement le quotidien de l'établissement avec des réunions en visio-conférences plusieurs fois par semaine avec les équipes de direction et le personnel enseignant afin d'assurer un suivi très précis des élèves.

Arrivent-ils à suivre correctement ?
LF : Sur les 536 élèves du collège, une quinzaine seulement n'a pas fourni ou rendu les travaux demandés, raison pour laquelle on leur a envoyé un courrier récemment. Ce sont des élèves qui en présentiel avaient déjà un peu de mal. Cette nouvelle façon de faire à distance nous amène d'ailleurs à réfléchir sur nos pratiques pédagogiques et permet aux enseignants d'ajuster certaines choses. Nous tirerons sans doute aussi du bon de cette période dans nos manières de travailler.

La campagne politique pour les municipales à Besançon est donc mise entre parenthèses ?
LF : Bien sûr, et ce dès le lundi 16 mars à midi, avant même que le président de la République ne s'exprime le soir pour décréter le confinement. Depuis cette date, l'heure est à la crise sanitaire et à sa gestion et on ne remerciera jamais assez tous ceux qui sont en première ligne, les soignants bien sûr, mais également tous ceux qui sont en deuxième ligne. Je pense aussi aux caissières, aux policiers, notamment municipaux, aux éboueurs, à toutes ces personnes qui font un travail remarquable - et d'ailleurs tout au long de l'année - mais qu'on ne salue pas assez. Il est évident que l'heure n'est plus à la campagne et quand je vois certains tenir des conférences de presse pour tenter de faire de la récupération électorale, je trouve ça vraiment indécent. Il fallait oser !
À ce propos, voir notre article :

Anne Vignot : “Les élections auront lieu quand elles auront lieu”
Anne Vignot s’exprime sur le report des élections municipales, elle qui a termine en tête du premier tour devant L. Fagaut et Eric Alauzet.

Le lundi 16 mars, des critiques ont pourtant fusé contre vous car vos colleurs d'affiche avaient placardé en vue du second tour...
LF : Cette critique est totalement injuste et scandaleuse dans la mesure où ces affiches ont été posées entre 6h et 8h du matin et personne ne parlait alors du report du second tour. La campagne n'était pas du tout stoppée à ce moment-là et d'ailleurs, j'ai pris moi-même la décision de la stopper le jour même, dès midi. Ces accusateurs sont donc des menteurs. Ce sont d'ailleurs les mêmes qui depuis six mois ne fonctionnent que par l'invective et les fake news. Je n'ai d'ailleurs pas voulu répondre sur le coup à ce genre de calomnie.

Le résultat du premier tour vous a-t-il déçu ?
LF : Avec près de 24% des voix, les résultats sont dans la lignée de ce qu'on avait construit et, au-delà de cette crise sanitaire qui reste la seule priorité du moment, je pense sincèrement que notre programme aura encore plus de pertinence qu'avant la crise, notamment du point de vue du soutien à l'économie, au commerce, etc.

Elle paraît bien loin la campagne du premier tour... (photo archive JFH)

La date du second n'est pas encore connue et ce second tour paraît bien loin. Néanmoins, comment l'abordez-vous ?
LF : Une fois encore, l'heure n'est pas à la campagne et je passe aussi mon temps à essayer de me rendre utile tous les jours pour lutter contre cette crise sanitaire. Je m'en remettrai donc au calendrier fixé par le gouvernement qui lui-même ne doit pas encore y voir très clair sur ce point. Ce second tour sera fixé par l'avancée ou le recul de la pandémie. Ceci étant dit, je continue à travailler avec mon équipe à distance, et on proposera sans doute certains ajustements par rapport à certains points du programme. Il faudra que nous ayons cette réflexion. Je me pose aussi certaines questions sur l'état de la France à l'issue de cette crise sanitaire si les élections sont repoussées en octobre. Nous serions alors le seul pays d'Europe à avoir des institutions, et donc des décisions d'investissement par exemple, bloquées du fait que les nouveaux exécutifs ne seront pas en place d'ici là. Mais ce qui m'inquiète plus encore, c'est au-delà de la crise sanitaire, le risque de crise économique, sociale, associative et culturelle qui en découlera dans nos communes. Il faudra bien anticiper certaines décisions sur le plan des collectivités.

Pensez-vous néanmoins que vous avez encore une chance de gagner à Besançon ?
LF : Le constat, auquel nous nous attendions, est ce duel qui se profile entre notre équipe et celle composée de l'extrême gauche (avec peut-être le soutien de la France Insoumise). Sauf qu'il y a un troisième homme (NDLR : Éric Alauzet) qui aujourd'hui est décroché et n'est plus en situation de gagner la Ville de Besançon et l'agglomération. Chacun doit donc aujourd'hui prendre ses responsabilités.

Une alliance avec M. Alauzet pour faire barrage à l'extrême gauche serait-elle envisageable ?
LF : Ce n'est pas à moi d'engager ce genre de démarche. Et jusqu'à aujourd'hui, mon téléphone n'a pas encore sonné... Nous sommes avec notre programme en capacité de porter un projet fort pour cette ville. Le renfort dont nous aurons besoin viendra d'abord du vote utile car les électeurs ne voudront pas d'une équipe dogmatique et aux positions extrémistes. Pour le reste, chacun devra prendre ses responsabilités. Mais chaque chose en son temps, et je le répète encore une fois : l'heure est à la lutte contre cette pandémie et uniquement à ça.

Propos recueillis par J-FH