Par souci de neutralité, les juges qui officient au Super Comice ne sont pas installés dans la région. Ils seront six à officier le 24 octobre à Morteau, dont Jean-Michel Cussac, un éleveur laitier du Cantal passionné de montbéliardes et très fier d’avoir été retenu pour la seconde fois au Super Comice.

Sa verve et son humour avaient déjà marqué les esprits au Super Comice de Pontarlier en 2022. Retenu pour désigner la championne en catégorie jeune, Jean-Michel Cussac avait alors sollicité le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau pour que ce dernier indique la vache victorieuse. Jean-Michel Cussac s’était alors exclamé devant la foule « C’est la première fois que je commande un ministre ! », déclenchant ainsi les rires et applaudissements du public.

“On juge les animaux uniquement sur des critères morphologiques”, précise Jean-Michel Cussac, l’un des six juges retenus pour le Super Comice (photo Montbéliarde Association).

Ce juge est d’abord un agriculteur du Cantal installé en G.A.E.C. avec son fils Flavien sur une exploitation avec un troupeau de 100 vaches montbéliardes et un atelier d’engraissement de 30 vaches aubrac. « Je travaille aussi avec mon second fils Mathéo qui est salarié sur la ferme. Notre production est transformée en fourme du Cantal qui est aussi une A.O.P. »

Chez les Cussac, on cultive depuis très longtemps la passion de la montbéliarde en participant à tous les concours de la race jusqu’au Salon de l’agriculture de Paris. « On fait de la sélection depuis 60 ans. » Dans une région qui n’a pas échappé à la sécheresse, Jean-Michel Cussac n’a pas eu d’autre choix que de puiser dans sa réserve fourragère pour nourrir ses vaches. « Heureusement, on avait du stock des années précédentes. On ne sera pas contraint de décapitaliser. »

À Morteau, il va participer à son second et dernier Super Comice sachant qu’il sera sans doute à la retraite pour la prochaine édition. « Je suis ravi d’avoir été retenu parmi les six juges du Super Comice. Je remercie d’ailleurs Richard Ielsch et toute la fédération. C’est un honneur de participer à la finale des comices. » Sur ce concours, les juges travaillent en binôme dans les trois catégories de vaches : espoir, jeune et adulte qui se distinguent les unes des autres en fonction du nombre de lactations. Chaque binôme va désigner une championne et la meilleure mamelle dans chaque catégorie. Le concours se termine avec l’attribution des titres de Super Mamelle et de la Super Championne du Super Comice. Ces championnes sont désignées par deux groupes de trois juges. « On juge les animaux uniquement sur des critères morphologiques. On est là pour hiérarchiser les bêtes en fonction du standard de la race défini par l’Organisme de sélection. »

Jean-Michel Cussac estime que le Super Comice est un concours hors norme qui nécessite de l’expérience et de la maturité. « Il y a beaucoup de spectateurs et beaucoup de connaisseurs. Cela va très vite. Chaque juge doit analyser une centaine de bêtes en 2 heures ou 2 h 15. Il ne faut surtout pas s’emmêler les pinceaux. Quelques jours avant l’événement, il faut se mettre dans sa bulle. Le Super Comice est plus facile à appréhender en partant zen de chez soi. »

Sur le standard, le juge Jean-Michel Cussac est très attentif aux aplombs, à l’ouverture du bassin, à l’attache de la mamelle… « Avec le changement climatique, on cherche des vaches avec beaucoup d’ouverture, avec de la solidité et des mamelles avec le moins de volume possible. Des vaches faites pour vieillir avec le temps. » Début septembre, le G.A.E.C. de Jean-Michel Cussac servait de support à la sélection de nouveaux juges. Sur les 18 candidats, 9 ont été retenus pour officier sur les concours, ce qui porte à une trentaine de juges habilités pour la race montbéliarde.


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