L'établissement de soins bisontin a terminé sa réorganisation. Il a accueilli ses premiers malades Covid-19 et se tient prêt pour l'éventuelle vague des deux semaines à venir.

Les chambres de réanimation sont prêtes. Deux d'entre elles sont déjà occupées.

"On s'attend malheureusement à un afflux important de patients" note Valérie Fakhoury, la directrice de la clinique Saint-Vincent à Besançon (groupe Ramsay). En ce début de semaine, l'établissement de santé est donc prêt à recevoir les patients que les hôpitaux publics ne pourraient plus accueillir. Pour l'instant, deux patients Covid-19 sont en réanimation à Saint-Vincent (ils sont arrivés le 27 mars) et 24 patients atteints par le virus sont actuellement en lits de médecine, "sur les 39 lits de médecine qu'on peut mettre à disposition. Ce sont des patients qu'il faut surveiller, qui n'ont pas encore besoin de réanimation. Tous ces patients que nous accueillons actuellement sont passés avant par le CHU" précise la directrice.

Le service Covid-19 est prêt à Saint-Vincent.

La situation devrait se tendre à partir de cette semaine. Sans faire de catastrophisme, l'établissement privé est sur le pont, prêt à accueillir beaucoup plus de patients Covid-19. "On a équipé 8 lits de réanimation. Nous sommes en train d'en équiper 8 autres au cas où. Avec les lits de médecine, notre capacité globale pourra monter à 39 lits. Le facteur limitant ensuite, ce sera le nombre de respirateurs disponibles et le personnel soignant suffisant."
Suite à l'appel que Saint-Vincent a lancé il y a une dizaine de jours, beaucoup d'entreprises et d'organisations professionnelles se sont mobilisées pour apporter du matériel de sécurité à l'établissement des Tilleroyes. "On nous a notamment donné beaucoup de combinaisons, nous remercions chaleureusement tout le monde. On ne pouvait plus rien acheter du fait de la saturation des marchés" note la directrice. Si les combinaisons ont évidemment été les bienvenues, l'idéal aujourd'hui serait de pouvoir se fournir en surblouses, une denrée devenue très rare également, à l'instar des masques. "La surblouse est beaucoup plus pratique et sécurisante pour l'habillage et le déshabillage."
Dans ce contexte bouleversé, Saint-Vincent continue en parallèle à pratiquer les interventions chirurgicales urgentes, et "on accueille toujours les patients en urgences cardiologiques."
L'organisation du travail du personnel soignant est un peu plus compliquée à la clinique Saint-Pierre de Pontarlier, également propriété du groupe Ramsay et gérée par Valérie Fakhoury. "A Pontarlier, la clinique est moins bien armée pour le télétravail" reconnaît cette dernière, précisant toutefois que "toutes les dispositions sont prises en matière de sécurité pour le personnel." Pour l'instant, ce dernier est heureusement largement épargné : les établissements de Pontarlier et Besançon comptent à eux deux moins de 5 personnels positifs au Covid-19.

Valérie Fakhoury, directrice de la clinique Saint-Vincent (photo archive).