Le récent arrêté préfectoral régulant la navigation entre Brémoncourt et Saint-Hippolyte ajoute un cadre réglementaire ne remettant pas en cause la navigation sur le Doubs

La C.C.P.M. a engagé dès 2023 une réflexion globale sur les activités de pleine nature. Vélo, randonnée pédestre et escalade avaient trouvé leur voie, mais la mise en avant touristique des cours d’eau était insuffisante.

“Nous avions émis l’idée de matérialiser des sentiers nautiques pour faire découvrir au fil de l’eau le patrimoine bâti, la faune et la flore dans un total respect de l’environnement”, note Alain Bouchard, responsable tourisme et mobilité à la C.C.P.M.

De Brémoncourt à Saint-Hippolyte et de Goumois à Soubey, le Doubs permet de magnifiques sorties et des opérateurs historiques proposent la location de canoë-kayak et l’accompagnement des pratiquants (Goumois Évasion et C.K. Pont-de-Roide-Vermondans). Le changement climatique avec son cortège d’étés de plus en plus chauds et de périodes de sécheresse de plus en plus longues devait fatalement changer la donne.

Une sortie du C.K. Pont-de-Roide-Vermondans au niveau du pont de Brémoncourt (photo C.K. Pont-de-Roide-Vermondans).

Côté suisse, la navigation était interdite dès que le débit du Doubs était inférieur à 6 mètres cubes par seconde alors que cette limite en France était de 4 mètres cubes. “Dès que les conditions ne permettaient plus de pratiquer le kayak en Suisse, les sportifs passaient en France et on a pu voir jusqu’à une centaine de bateaux au pont de Brémoncourt”, poursuit Alain Bouchard.

Les associations de pêche et de protection de la nature ont donc alerté le préfet du Doubs qui a pris dès 2025 un arrêté régulant la navigation sur le tronçon entre le pont de Brémoncourt et le point de débarquement de Glère-les-Chezeaux lorsque le débit mesuré à la station hydrologique de Glère est inférieur à 6 mètres cubes par seconde. Pour la section entre le barrage de Grosbois et le pont de Saint-Hippolyte, le débit minimum est fixé à 3,5 mètres cubes par seconde. Les pratiquants devront donc se rendre sur le site Internet de la station hydraulique de Glère-Courclavon à 16 heures pour savoir si le débit permet de naviguer le lendemain. Ils devront également vérifier les interdictions éventuelles en période d’ouverture de la pêche ou de fraie.

Toute navigation motorisée est interdite et la pratique du paddle ou l’utilisation d’embarcations gonflables est soumise à des conditions. “Notre prochain travail est de réaliser des panneaux d’information détaillés au niveau de la dizaine de points d’embarquement et de débarquement autorisés afin de familiariser les utilisateurs avec la réglementation en vigueur”, pointe Alain Bouchard. Il met également en garde sur le fait que les polices municipales et la gendarmerie nationale sont susceptibles de dresser des procès-verbaux en cas d'infraction (amende de 68 euros).

“Je ne suis pas inquiet de ces restrictions lorsque le niveau du Doubs baissera. Le but n’est pas d’interdire, mais bien de réglementer. La navigation restera d’ailleurs possible sur les plans d’eau des barrages puisque la profondeur est plus importante que sur le cours d’eau lui-même”, conclut Franck Villemain, le président de la C.C.P.M.