"Toujours maire, mais très amer", Régis Marceau prône pour une prolongation de 18 mois du mandat des maires sortants

Soulignant la grave erreur du gouvernement à avoir maintenu le premier tour, il estime que les élections municipales ont été tronquées à cause du Covid-19 et milite pour leur report d'au moins 18 mois.

Le maire de Doubs ne se représentait pas. Mais la candidate qu'il soutenait a perdu. (photo archive LPP)

Il ne peut pas être taxé de mauvais perdant le maire de Doubs puisque après deux mandats consécutifs à la tête de cette commune située en périphérie de Pontarlier, Régis Marceau avait décidé de raccrocher l'écharpe cette année. Peut-être tout de même que la défaite de la candidate qu'il soutenait (Florence Rogeboz, battue de justesse par son concurrent Georges Cote-Colisson) renforce encore un peu sa rancœur ? Une chose est sûre : il en veut profondément au gouvernement d'avoir maintenu le premier tour des municipales le 15 mars dernier et dit vivre "très mal cette situation."
Régis Marceau vient d'envoyer une lettre ouverte qu'il espère voir partagée par bon nombre de ses collègues maires pour dénoncer une situation absurde. "À l'heure actuelle, ma rancœur envers l'État me ronge. Comment a-t-on pu maintenir ces élections dimanche 15 mars ? En plus d'une mise en danger délibérée des votants et des élus communaux, ces élections municipales ont été un déni de démocratie" estime Régis Marceau. "Je ne parle pas des résultats de ma commune ajoute-t-il, mais de leur déroulement national. Non seulement un grand nombre d'élus a été contaminé, mais nous avons entériné une élection à laquelle 20% des électeurs ne sont pas venus voter uniquement par peur du Covid-19."
Que prône alors Régis Marceau ? Tout simplement l'annulation du scrutin, à une exception près : le résultat doit être acquis selon lui pour les communes qui ne présentaient qu'une liste (comme à Morteau par exemple). Pour toutes les autres, dont la sienne, "beaucoup de personnes doutent de la valeur des résultats ajoute Régis Marceau. Les nouveaux élus ne sont même pas en place, nous sommes au milieu du gué, sans pouvoir avancer ni reculer" estime-t-il aujourd'hui. Il cite son cas et d'autres où "beaucoup de maires comme moi restent en place avec des pouvoirs accrus et des colistiers, soit démobilisés, soit opposés à leur vision des choses. Les débats sont bloqués, aucune décision n'est prise" s'inquiète l'édile sortant.

"Pour moi, la seule option viable est l'annulation de ce scrutin et la reconduction des équipes en place pour un délai minimal de 18 mois."


Le maire de Doubs avance une solution, radicale : "Pour moi, la seule option viable est l'annulation de ce scrutin et la reconduction des équipes en place pour un délai minimal de 18 mois." Comme d'autres de ses collègues, Régis Marceau regrette de disposer toujours de pouvoirs mais sans avoir la possibilité, "par déontologie" dit-il, de mettre en place la moindre politique d'investissement pour contribuer à la reprise de l'économie. En colère, Régis Marceau, dit "très mal vivre cette situation."
Par conséquent, il n'y aurait pas d'autre alternative selon le maire de Doubs que d'annuler ce scrutin et de reconduire les équipes en places, seul moyen selon lui de faire face à la guerre économique qui succédera inévitablement à la guerre sanitaire.

À Doubs, le nouveau maire élu s'appelle Georges Cote-Colisson, il a gagné le scrutin avec 20 voix d'avance seulement le 15 mars dernier.

Voir à ce sujet également un de nos articles sur la position d'un des autres maires du Grand Pontarlier, Jean-François Ligier à Houtaud :

La cohabitation entre actuel et futur maire n’est pas toujours évidente
Entre maire sortant toujours en poste et futur maire, le dialogue est parfois compliqué. Exemple à Houtaud.

Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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