Après un premier roman de voyage en 2016, Pauline Salvi a publié son second livre, un roman policier cette fois-ci. Dans Je donne ma langue au chat, l’auteure, originaire du Russey, noue une intrigue palpitante sur fond de sorcellerie dans le Besançon du XVIIème et du XXIème siècle. Envoûtant.

Au fil des pages, la magie opère et le lecteur se plonge avec délice et empressement dans l’enquête habilement nouée par Pauline Salvi. Des chats disparus, des Anges de l’Apocalypse adeptes d’un monde fantasmé, viril et pur, un Besançon du XVIIème siècle et d’aujourd’hui et un personnage de commissaire, Aliénor de Staël atypique, intrigant et attachant… Les ingrédients d’un bon roman policier palpitant sont là. Point de sorcellerie mais bien le talent d’écriture de l’auteure Pauline Salvi.

À 43 ans, Pauline Salvi a publié deux romans, dont son dernier, Je donne ma langue au chat.

Originaire du Russey, elle a déjà signé un premier livre, il y a dix ans, Mektoub, un roman de voyage. Pour son premier roman policier, Pauline Salvi a laissé maturer ses idées et ses recherches pendant près de six ans. Fiction plausible, Je donne ma langue au chat s’imprègne fortement du mouvement Metoo et interroge la place de la femme intriquée dans l’histoire de la sorcellerie. Si tous les personnages sont extrêmement bien dessinés et incarnés, les personnages féminins en imposent tout en révélant des fragilités. Mention spéciale au personnage de la commissaire qui porte d’ailleurs comme un clin d’oeil le prénom et le nom de deux femmes puissantes et pionnières à leurs époques : Aliénor d’Aquitaine, reine de France et d’Angleterre au Moyen-Âge, et Germaine de Staël, écrivaine et philosophe aux écrits avant-gardistes (fin XVIIIème et début XIXème siècle).

“J’ai écrit ce roman en plein débat Metoo. J’ai aussi énormément lu autour de la sorcellerie, notamment les travaux de Brigitte Rochelandet qui ont beaucoup nourri mon inspiration, remet Pauline Salvi. Quand j’ai imaginé le personnage de la maire écolo Élisabeth Robiac, Anne Vignot n’était pas encore élue, seulement candidate. Je me suis inspirée de ces femmes politiques, à l’image d’Anne Hidalgo aussi, qu’on aime ou pas, mais qui cristallisent énormément de haine, de rejet, de tensions.”

Situé à Besançon, ancré dans le quartier Rivotte - le quartier de coeur de l’auteure - le roman chevauche deux époques, l’actuelle et le Besançon du XVIIème siècle à travers le prisme de Madeleine de Crans, une érudite insoumise.

Investie professionnellement dans le spectacle vivant pendant une décennie, Pauline Salvi met savamment en scène les personnages dans les dédales de Besançon, du Battant vigneron d’il y a près de 400 ans, au Rivotte populaire d’aujourd’hui, sans oublier une escapade dans le Haut-Doubs rural vers le Sapin Président.

Un premier roman policier envoûtant et réussi qui a failli ne jamais être publié. Pauline Salvi a en effet fait face à des refus ou plutôt des non-réponses des maisons d’édition. Jamais à court d’idée, elle s’est lancée avec son amie Charlotte Bégard dans l’aventure de l’édition en fondant Les Coudées franches, maison d’édition bisontine associative qui publie Je donne ma langue au chat. Plus de 500 exemplaires ont déjà été vendus et le livre continue sa vie. Pauline Salvi planche sur la prochaine enquête du Commissaire Aliénor de Staël.

À l’image du commissaire Adamsberg, héros récurrent de l’oeuvre policière de Fred Vargas, aussi génial et tordu que l’est le personnage inventé par Pauline Salvi, nul doute que le lecteur suivra avec gourmandise les enquêtes de la commissaire Aliénor de Staël.

Le pitch du livre

Fraîchement nommée commissaire, Aliénor de Staël débarque à la Criminelle de Besançon, mais pour cette névrosée de 34 ans, difficile de faire sa place. Et ce n’est pas avec une affaire de chats disparus que voudrait lui refourguer sa voisine qu’elle se rendra crédible auprès de son équipe. Mais quand des Anges de l’Apocalypse surgissent dans la ville, laissant derrière eux des traînées de sang et des rumeurs assassines, son esprit génial et tordu peut enfin se déployer. Aliénor s’embarque alors dans la traque de ces vengeurs masqués venus d’un autre temps, d’une autre Histoire, celle de Madeleine de Crans, érudite insoumise au XVIIème siècle.