Face à une situation comme celle de l’école de Montlebon, le syndicat S.E.-U.N.S.A. milite activement pour un abaissement du nombre d’élèves maximal par classe et la comptabilisation des élèves scolarisés dès 2 ans.

Actuellement, le seuil maximum d’élèves est fixé à 30 en maternelle et 27 en élémentaire. Pour S.E.-U.N.S.A., il faut baisser ces seuils à 24 pour toutes les classes sauf celles de R.E.P. - R.E.P. + (réseau d’éducation prioritaire) qui ont déjà des effectifs dédoublés. “La spécificité des seuils de maternelle à 30 élèves n’est, selon nous, plus valable depuis l’obligation d’instruction des enfants dès 3 ans. De plus, 27 élèves par classe en 2026 n’est plus tenable pour mettre en place une pédagogie différenciée, inclusive, efficace et bienveillante”, relève le syndicat. “Avec 30 enfants de 3 ans, ce n’est plus possible de prendre soin de chaque élève, les enfants ne sont pas bien, souligne Coralie Curty, co-secrétaire départementale du S.E.-U.N.S.A. du Doubs. Et c’est une vraie réalité, il y a dans le Doubs des classes de maternelle à 30 élèves. On souhaite profiter de la baisse démographique pour adapter les classes à la société actuelle. Avec l’école pour tous, le public de nos classes a changé, il est encore plus hétérogène avec des élèves à besoins particuliers.”

Coralie Curty, co-secrétaire départementale du S.E.-U.N.S.A. du Doubs (photo U.N.S.A.).

L’autre versant de cette demande d'abaissement de seuils concerne les élèves en scolarité partagée, par exemple ceux de l’U.T.E.D. de Montlebon. “Ces élèves ne sont pas à 100 % dans nos classes, ils ont des temps adaptés à leurs besoins, poursuit Coralie Curty. Pour autant, inclure un enfant avec un trouble autistique dans une classe à 28, ce n’est pas acceptable pour tout le monde. Nous sommes convaincus de la plus-value de l’inclusion mais on ne peut pas tout. On veut bien faire mais il faut nous donner des moyens. On nous répond que les enfants sont accompagnés par des éducateurs. On peut mettre une personne supplémentaire, cela ne règle pas le problème des classes surchargées. L’école de Montlebon souffre de ces chiffres qui nous emprisonnent.”

Par ailleurs, le syndicat dénonce la non-prise en compte dans les effectifs des élèves scolarisés à 2 ans. Or, cela a été prouvé, “la scolarisation précoce pour les publics les plus fragiles est un vecteur de réussite. En R.E.P.- R.E.P. + (principalement à Planoise à Besançon et dans le Pays de Montbéliard agglomération), ces élèves sont comptabilisés, ailleurs non”, déplore Coralie Curty pour qui la scolarisation dès 2 ans dans les écoles en milieu rural est aussi nécessaire. “Il y a une vraie plus-value face à la détresse sociale mais aussi pour lutter contre la concurrence des écoles privées.”

Enfin, autre chiffre qui fait bondir le syndicat, régulièrement avancé par le D.A.S.E.N. (directeur académique des services de l’Éducation nationale), la moyenne de 21 élèves par classe sur le département. Les effectifs de 12 élèves en Grande section, CP et CE1 et ceux de 24 élèves pour les autres classes R.E.P. - R.E.P. + contribuent à baisser cette moyenne. “Cette moyenne ne reflète pas la réalité des classes à Levier, Montlebon et ailleurs, qui parfois ont des triples niveaux à 27 élèves en milieu rural”, observe Coralie Curty.

Dans le Doubs, la carte scolaire validée le 1er avril a acté 72 fermetures de classes (contre 109 prévues) et 16 ouvertures. Si l’inspection académique est revenue sur la fermeture de 37 classes, 21 postes de professeurs sont supprimés. Pour autant, le D.A.S.E.N. Samuel Rouzet n’a pas fermé la porte aux propositions du syndicat S.E.-U.N.S.A. et s’est engagé à ce qu’un travail soit mené.