Coiffeuse à Montlebon, Honorine Vernier souffre d’endométriose, une maladie gynécologique chronique qui touche une femme sur dix. Elle témoigne pour mieux faire connaître son “parcours du combattant.”

Un grand nœud peint en jaune symbolisant le mois de l’endométriose, et des petits fanions qui expliquent, à travers des textes courts et percutants, ce qu’est vraiment l’endométriose. C’est ainsi qu’Honorine Vernier, jeune coiffeuse installée à Montlebon, a décoré sa vitrine ce mois-ci afin de faire connaître au plus grand nombre, y compris aux hommes, ce qu’est vraiment cette maladie qui touche dans le monde une femme sur dix.

C’est après une longue errance médicale qui aura duré dix-sept longues années que la jeune fille âgée aujourd’hui de 30 ans a mis un mot sur ces maux récurrents : l’endométriose. Cette maladie qui se manifeste notamment par des règles douloureuses, mais pas que, lui a été diagnostiquée l’an dernier après une I.R.M. qui faisait suite à une série interminable d’examens.

Honorine Vernier prête volontiers les livres qu’elle a sur l’endométriose à ses clientes intéressées ou concernées par le sujet.

“Cette maladie me provoque de grandes douleurs au moment des règles, des relations sexuelles, mais aussi des douleurs articulaires, de vessie, et des problèmes de transit avec une maladie intestinale qui s’est ajoutée au tableau. Pour moi, c’est un vrai parcours du combattant” explique la jeune fille originaire d’Orchamps-Vennes, sans jamais se départir de son sourire.

En décorant sa vitrine sur ce thème durant tout le mois de mars, la coiffeuse de Montlebon a souhaité sensibiliser le plus grand nombre à cette maladie que la médecine a enfin prise au sérieux depuis quelques années, suite à la médiatisation provoquée notamment par Lætitia Milot, l’héroïne de la série “Plus belle la vie” qui y a consacré un livre, ou encore Énora Malagré ou la chanteuse Lorie, toutes trois touchées par ce fléau féminin. À ses clientes, Honorine Vernier propose la vente d’un petit pin’s jaune dont les bénéfices sont reversés à l’association EndoFrance.

L’endométriose, comme toute maladie chronique, ne se soigne pas, on ne peut que la soulager grâce, notamment, à des régimes alimentaires stricts, sans gluten et sans lactose, ou encore par la kinésithérapie, le yoga, la méditation qui permettent de mieux gérer les crises.

“À cause de la maladie, j’ai dû adapter mon rythme de travail. Certaines journées, je suis tellement épuisée que je dois me coucher en rentrant chez moi. Moi qui aime bien faire la fête, c’est une vie plus compliquée… Je remercie mon médecin traitant de Morteau, ma gynécologue, ma prof de yoga, qui s’occupent très bien de moi” ajoute la coiffeuse dont la vie quotidienne est bouleversée par la maladie.

La recherche médicale a permis de faire avancer la cause. Bientôt, un test salivaire devrait permettre de diagnostiquer la maladie. Des opérations sont également possibles pour permettre aux femmes touchées de pouvoir quand même avoir un enfant, sans pour autant que ces interventions chirurgicales éradiquent totalement la progression de la maladie.

“Je n’ai pas d’autre choix que de vivre avec cette maladie” confirme Honorine Vernier. Pour mieux faire connaître l’endométriose et ses conséquences, la trentenaire se propose même de porter la bonne parole auprès des jeunes filles des collèges et lycées du Haut-Doubs pour les sensibiliser et, à son niveau, les accompagner du mieux possible.

“Il faut arrêter de cacher les choses, il faut parler de cette maladie le plus largement possible” plaide-t-elle. Toujours avec bonne humeur.


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