Habitant aux Fins et grand amateur de cyclisme, Raymond Lehmann a heurté avec son vélo l’un des barrières en bois qui encadre l’accès aux routes et chemins riverains de la liaison cyclable entre Morteau et Montlebon. Coup de gueule.
Retraité sportif, Raymond Lehmann circule beaucoup à vélo dans le Val de Morteau et aux alentours. « Fin juin, je roulais en direction de Montlebon en empruntant cette liaison où l’on compte 6 barrières placées en travers de la voie cyclable. Chacune marque l’accès à une petite route ou un chemin riverain. Il ne faisait pas très jour. J’ai passé les cinq premières barrières sans difficultés avant d’accrocher la dernière avec le guidon du vélo. Du coup, j’ai chuté en pliant le coude sur mon ventre. Résultat : deux côtes cassées. J’ai mis du temps à me relever mais j’ai pu rentrer chez moi. Comme je suis un traitement anticoagulant, j’ai beaucoup saigné. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux mais je ne suis pas le seul à avoir été victime de ces barrières. »

Raymond Lehmann estime que ces barrières sont dangereuses à tous points de vue : forme et visibilité. Il cite l’exemple de ce qui a été fait sur l’autre liaison cyclable du coin, à la sortie de Morteau en direction de Grand’Combe. « Cet aménagement est bien conçu, sans barrière, avec les mêmes niveaux de trottoirs. On risque beaucoup moins de tomber même avec une mauvaise visibilité. » Autre exemple tout aussi significatif : ce qui a été fait sur l’ancienne voie du train entre Gilley et Pontarlier où les anciennes barrières inappropriées ont finalement toutes été changées. « Celles d’aujourd’hui ont des formes arrondies. C’est beaucoup mieux », estime le retraité.
Raymond Lehmann pointe également du doigt les bandes photoluminescentes qui équipent les barrières et qui sont faites selon lui uniquement pour réfléchir les phares des voitures. « Des bandes fluorescentes seraient plus pertinentes. Elles éclairent mieux en toutes circonstances. »
Toutes ces critiques ou remarques, le cycliste des Fins les a mentionnées dans un courriel transmis à la mairie de Montlebon, à l’association Vél’haut Doux qui agit pour les mobilités douces dans le Pays Horloger et le Val de Morteau ainsi qu’à la sécurité routière. « Je voulais demander des renseignements, connaître la réglementation mais je n’ai reçu aucune réponse… »

Même s’il ne s’est sans doute pas adressé au bon interlocuteur, en l’occurrence la com’com du Val de Morteau qui était maître d’ouvrage du projet, Raymond Lehmann estime qu’on aurait au moins pu l’orienter vers le bon service, en espérant que ces barrières qu’il juge dangereuses soient remplacées par des équipements plus sécuritaires.
Des équipements avant tout sécuritaires
Sollicités pour des explications sur ces barrières, les services techniques de la com’com du Val de Morteau apportent ces éléments de réponse : “Ces barrières ont été installées pour garantir la sécurité des usagers sur la voie verte entre Morteau et Montlebon. En effet, la largeur de 3 mètres minimum permet aux véhicules à moteur de s’insérer en l’absence d’obstacle. La voie croisant des accès (agricoles), il était indispensable d’en installer. Cette mesure de sécurité est très courante sur les pistes cyclables. Nous avons fait le choix de ne pas installer de potelets trop peu visibles ou de chicanes qui ne sont pas adaptées aux vélos-cargos. Il n’existe pas de réglementation en France concernant les barrières sur les pistes cyclables. Les barrières qui ont été installées sont pivotantes pour permettre l’accès aux secours et aux équipes de maintenance. Elles sont équipées de bandes réfléchissantes rouges et blanches, elles laissent un passage d’1,75 m de libre. Depuis son ouverture en avril 2025, plus de 90 000 usagers ont cheminé, ou fait du vélo le long de ce parcours. Cet itinéraire de voie de mobilité douce a été très bien accueilli par la population. La collectivité travaille également avec le collectif d’usagers de Vél’haut Doux. Depuis son ouverture, nous n’avons pas eu connaissance de doléances de la part des utilisateurs.” n
