Chaque année, la société Gaz et eaux, qui exploite le réseau d’eau potable pour le compte de la commune de Morteau, livre un rapport détaillé sur la qualité et le prix de l’eau potable. Éclairages avec Arnaud Reymond, premier adjoint, délégué aux finances, aux ressources humaines et aux projets structurants

C’est à dire : Après un été très chaud, les ressources en eau de la commune sont-elles exsangues ?
Arnaud Reymond
: Morteau possède deux ressources pour l’eau potable. L’achat d’eau à la commune de Montlebon pour 60 %. Et le forage du Bois Robert. Ce dernier est sensible aux étiages prolongés. Cet été n’a pas été aussi marqué que par des grandes années de sécheresse. Il y a quand même une baisse. Jusqu’en 2010, il y avait aussi le forage du Cul de la Lune mais qui rencontrait des problèmes de qualité. Le forage du Bois Robert est de meilleure qualité mais sensible aux étiages car il est plus dans le karst que dans la nappe.

Arnaud Reymond est premier adjoint, délégué aux finances, aux ressources humaines et aux projets structurants.

Càd : Quels volumes sont prélevés ?
A.R.
: En 2025, 219 388 m3 ont été prélevés, un chiffre en baisse de 14 % par rapport à 2024. Cette modification notable en termes d’approvisionnement s’explique par l’interconnexion du Plateau des Combes au syndicat des eaux de la Haute-Loue (S.I.E.H.L.). Historiquement, Morteau vendait de l’eau au Plateau des Combes. Inversement, les Hauts de Morteau, comme le secteur des Arces, sont alimentés par le Plateau des Combes. Depuis l’interconnexion avec le S.I.E.H.L., Morteau ne vend plus d’eau, donc la production est moindre. Environ 100 000 m3 en moins depuis que le Plateau des Combes s’est interconnecté avec le S.I.E.H.L.

Càd : Doit-on craindre un assèchement de la ressource en eau potable à l’avenir ?
A.R.
: Il y a un enjeu de sécurisation de l’approvisionnement. Nous sommes toujours à la recherche de ressources. Nous avons toujours la possibilité technique de faire de l’achat en eau au syndicat des eaux du Plateau du Russey. On ne l’a quasiment jamais utilisé mais c’est au cas où. On étudie également la possibilité d’utiliser le réservoir de la Côte (Poste 32) qui servait à alimenter le Plateau des Combes pour acheter de l’eau au S.I.E.H.L. mais qui est plus chère. Il y a également la piste d’une ressource dans la plaine alluviale, de réactiver le puits du Cul de la Lune. Il y avait un problème de qualité de l’eau sur ce dernier, avec beaucoup de fer présent. C’est compliqué et coûteux à traiter. Il est vrai que la nappe du Doubs est une ressource pérenne mais il ne faut pas que cela coûte trop cher. L’idée est surtout de fiabiliser nos ressources actuelles, Montlebon vient de refaire toute son usine d’ultrafiltration et d’améliorer le maillage.

Càd : Comment se porte le réseau de distribution ?
A.R.
: Il se porte bien. Le rendement du réseau est très bon grâce à de grandes campagnes de remise à niveau. Il est de 87,78 %, soit 17 points au-dessus de l’obligation de performance imposée par le Grenelle 2. Tous les compteurs d’eau sont en télérelève. Le délégataire Gaz et eaux dans le cadre du nouveau contrat, installe 80 prélocalisateurs de fuite sur le réseau. Cet équipement est capable de détecter les fuites en temps réel. Enfin, on sait que la canalisation Montlebon-Morteau, sur la partie qui n’a pas été refaite lors de la réalisation de la voie douce, a plus de cent ans. On estime à 45 m3 par jour la quantité d’eau qui part par les fuites. Cela fait 16 000 m3 à l’année, ce n'est pas rien, cela représente deux semaines de production. La municipalité portera le financement de ce projet. Soit on la rénove, soit on la refait mais cela ne sera pas sur le même tracé. Nous avons aussi refait l’usine de traitement du Cul de la Lune, ce qui change l’aspect de l’entrée de ville.

L’usine du Cul de la Lune a été entièrement rénovée (photo Ville de Morteau).

Càd : Les investissements sur le réseau d’eau potable sont lourds. Le prix de l’eau va-t-il augmenter ?
A.R.
: La municipalité a déjà augmenté le prix de l’eau pour financer une partie de la rénovation de l’usine de Montlebon l’année dernière. La surtaxe communale s’est établie à 50 centimes le m3. Le prix moyen pour 120 m3 consommés est de 3,51 euros le m3. Sur ce prix, 53 % reviennent au délégataire, 28 % à la collectivité, 13 % à l’Agence de l’eau et 5 % à l’État via la T.V.A.


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