Pendant trois mois, certains élèves n'avaient pas ouvert un cahier.

Avangt les grandes vacances, certains enfants n’ont pas entendu un mot de français à la maison. Pour éviter leur isolement, des bénévoles à Pontarlier en partenariat avec l’académie leur viennent en aide. Valdahon est concerné, bientôt Morteau.

Morteau. L’action coup de poing de la Croix-Rouge contre le décrochage scolaire
Christian, bénévole à La Croix Rouge, aide un jeune élève de primaire à retrouver les bases dans le domaine scolaire.

Ce n’est pas du soutien scolaire mais une lutte contre le décrochage. La Croix Rouge avec le soutien de l’académie de Besançon a mis en place dans les zones rurales une aide pour les enfants en classe de primaire en raison de l’épidémie de coronavirus qui n’a fait que creuser les inégalités. L’association veut éviter de nouveaux fossés en aidant certains enfants, qui, pour des raisons diverses n’ont pas pu suivre : Durant le confinement, des élèves n’ont pas eu accès aux accompagnements ce qui a donné lieu à des décrochages scolaires. Pourquoi avons-nous choisi le rural ? Parce que nous nous sommes rendu compte qu’à Pontarlier, Baume-les-Dames, Morteau, Valdahon, il y avait moins d’associations qui venaient en aide aux enfants, comparé à ce qui peut se faire dans certains quartiers de grandes villes” explique Pierre Parguel, qui chapeaute pour le Doubs ce “nouveau service”.
La Croix Rouge aidait déjà les adultes allophones, c’est-à-dire ces personnes dont la langue maternelle est une langue étrangère, dans la communauté où elle se trouve. “Ce sont souvent les enfants de ces personnes allophones que nous aidons” convient le responsable bénévole. Les cours de soutien se font à l’extérieur de l’école, dans une salle dédiée. Les enfants sont repérés grâce aux enseignants, directeurs d’école, qui transmettent à l’Académie, laquelle s’appuie ensuite sur l’association. Le rôle de la Croix Rouge : “Lorsqu’une personne a un accident, on essaie d’intervenir au plus vite pour qu’il puisse se réinsérer” synthétise le bénévole.
Après Pontarlier, Valdahon en lien avec le Secours Catholique, Morteau devrait proposer ce service. Cela concerne soixante bénévoles pour une trentaine d’enfants suivis sur ces sites. C’est peu mais énorme à la fois. “On évite que ces enfants ne se retrouvent isolés une fois leur retour à l’école ou qu’ils ne deviennent turbulents parce qu’ils ne peuvent pas suivre. C’est vraiment une action coup de poing” dit ce dernier. Au-delà de l’enseignement, il y a aussi de l’écoute.
Une nouvelle étape pourrait être franchie avec l’accueil d’enfants dès la maternelle. Car plus le décrochage scolaire est précoce, plus il est dramatique.