Pendant des années, il a capté en vidéo les plus grandes compétitions de freeride aux quatre coins du monde. Mais cet hiver, pour les besoins de la diffusion du Backcountry de Nendaz, en Suisse, Steeve Morales a imaginé un concept original qui bouscule les codes de la production pour ce genre d'événement sportif. Il a transformé son salon, à Morteau, en plateau télé.
Dans l’univers du freeride, la performance ne se joue pas seulement sur les faces engagées des montagnes où les skieurs experts enchaînent des runs de dingue. De l’adrénaline, de la maîtrise, du spectacle, du plaisir pour les yeux, bref, un show dont la qualité dépend aussi de ceux qui le donnent à voir. Steeve Morales a fait partie de ceux-là.

Pendant une quinzaine d’années, dans des conditions extrêmes, il a déployé régie et caméras sur les sommets aux quatre coins du globe pour retransmettre l’intensité de ces compétitions. Les Alpes, les Pyrénées, le Japon, le Tyrol, l’Alaska, la Norvège, il s’est déplacé partout avec son matériel pour couvrir les épreuves du Freeride World Tour (F.W.T.), le circuit mondial de référence de la discipline. "Soit on acheminait le matériel en camion, soit par avion. Je crois que c’est à Verbier qu’on a monté la régie la plus haute en altitude, à 2 900 mètres", se souvient Steeve Morales qui a créé sa société Média Services. Si le technicien de l’image couvre encore les compétitions qui se déroulent dans les Alpes, il ne court plus le monde actuellement pour déployer un dispositif technique qui nécessite une logistique importante.

Cet hiver, tout s’est passé dans son chalet à Morteau ! Il a transformé une partie de sa maison en régie pour les besoins de la retransmission du Backcountry de Nendaz en Suisse, une compétition plus confidentielle que le F.W.T., mais qui réunit chaque année les meilleurs freeriders. Pour des questions de logistique, de gain de temps, de sérénité opérationnelle et de coût, l’équipe technique a réfléchi à une solution plus économique pour couvrir l’événement. L’idée : déplacer moins de moyens sur le terrain et imaginer un concept de retransmission original pour partager autrement la compétition avec ceux qui la suivent derrière leur petit écran.
"On a mis en place une équipe de Krew qui a capté les images du Backcountry à Nendaz. Ensuite, nous avons monté les images des runs pour créer un format de 2 heures, dynamique, tout en préservant l’action et le suspense de la compétition. Et on a commenté le tout depuis chez moi comme si nous étions en live", dit-il.
Steeve Morales a donc transformé son salon en un plateau télé reprenant les codes d’un chalet chaleureux et authentique de montagne. C’est dans cette ambiance cool qu’il a accueilli trois spécialistes du freeride (Élise Boeuf, Éthan Stone et Will Tucker) pour commenter les images du Backcountry dans les conditions du direct. Le trio d’experts a analysé les runs en anglais, confortablement installés dans le canapé, devant l’écran géant, tout en partageant une bonne fondue.
La formule séduit par son originalité et son efficacité. "C’est un format rythmé adapté à une diffusion sur le web et à la télé", explique Steeve Morales. L’émission a été vue plus de 15 000 fois sur le web quelques jours après sa mise en ligne mi-février, et diffusée sur une chaîne de sport autrichienne. Face à ce joli succès, l’expérience devrait être réitérée. D’autres lives sont prévus, pour d’autres compétitions de backcountry, commentées, sans doute, depuis Morteau.
