La 4ème édition de l’Atrack’Son, qui s’est tenue le weekend du 22 août, a sonné comme la dernière. Le contexte économique associé à une météo froide et pluvieuse a eu raison de cette manifestation, portée depuis le début par des amoureux de musique.

Si les souvenirs heureux, la fierté de ce qui a été accompli, la formidable aventure humaine et musicale, restent les éléments les plus prégnants dans les esprits des membres de l’association Track’N’Art, les gorges se serrent de déception pour autant. Décision de raison, face au déficit financier, l’association organisatrice du festival L’Atrack’Son à Orchamps-Vennes éteint définitivement le son. « Une dernière fois, merci. L’Atrack’Son s’arrête ici. Mais ce que nous avons vécu continuera de résonner », a souligné l’association dans un texte empreint d’émotions sur son site. La 4ème édition, qui a réussi à voir le jour grâce à la mobilisation de centaines de personnes venues apporter leur concours financier à Track’N’Art, a réuni 1 200 personnes. « Il manquait 500 personnes pour être à l’équilibre économique, constate Mathilde Müller, vice-présidente de l’association. On n’a pas eu de bol sur la météo. 200 personnes ne sont pas venues alors qu’elles avaient pris leur place. »

L’investissement sans faille de l’équipe organisatrice et des bénévoles a permis au festival de rayonner pendant quatre éditions (photo Sigried Duberos - 1 200 Track’N'Art).

Il faut dire que ce week-end des 21 et 22 août, a fait figure d’exception dans un été caniculaire, avec de la pluie en abondance et des températures froides. Pour autant, plusieurs raisons ont conduit à la décision d’arrêter. « Les raisons sont simples, reprend Mathilde. Le côté économique joue un peu. On arrive sur la fin de l'été, il y a peut-être moins d’engouement. Mais le festival est installé dans un village où ça n’a pas pris. Les gens n’étaient pas forcément ouverts à de nouvelles musiques. Le public n’était pas forcément en adéquation avec ce que l’association voulait proposer. J’ai toujours voulu trouver des pépites. Moi, un bal avec des reprises, ça ne m’intéresse pas. Le modèle économique qu’on voulait proposer ne marchait pas ici. » La vice-présidente regrette aussi un manque de solidarité. « Pour sauver le festival, on organisait des petits événements tout au long de l’année. Les habitants du Val de Vennes n’ont pas forcément joué le jeu. Dans l’association, on veillait toujours à ce qu’un de nos membres soit présent dans les événements du coin. On n’a pas trouvé l’engouement autour de nous. »

Malgré ce regret, Mathilde Müller retient le côté humain et musical. « Pendant les semaines de préparation, on a vu des gens qu’on ne connaissait pas venir nous donner un coup de main. Et on a des groupes locaux qu’il faut absolument connaître. Mis à part le déficit financier, on est fier d’avoir pu créer un festival où on a ramené Keziah Jones ou encore Charlie Winston dans notre jardin. »

Après quatre ans d’investissement sans bornes, les 18 membres de Track’N’Art ressentent le besoin de faire une pause. Une fois le déficit comblé, l’association sera dissoute. Pour les nostalgiques, des rétrospectives photo des quatre éditions sont à découvrir sur le site Internet du festival. L’Atrack’Son a joué sa dernière note, mais il continuera de résonner dans les esprits.


Cet article vous est proposé par la rédaction du journal C'est à dire, distribué à + de 30 000 exemplaires sur le Haut-Doubs.
Pour devenir annonceur et booster votre visibilité, cliquez sur l'image ci-dessous
Publicité journal C'est à dire