Visible encore jusqu’au 8 novembre, l’exposition Réalisme animal du musée Courbet à Ornans, a déjà été vue par plus de 20 000 visiteurs. C’est désormais au tour des scolaires de découvrir l’art animalier du XIXème siècle.

Au fil des expositions du musée Courbet, une même volonté revient : toucher un large public, notamment des enfants, et ceux qui n’osent pas franchir les portes d’un musée. « Nous avons une des plus belles collections de portraits animaliers peints par Courbet, exposait ainsi Benjamin Foudral, directeur-conservateur du musée Courbet lors de l’inauguration en juin dernier. L’animal est un sujet assez omniprésent dans l’œuvre de l’artiste au-delà des scènes de chasse. Cette exposition est aussi en lien avec l’identité du territoire, l’élevage et la faune sauvage en sont des éléments importants. On partait du postulat que Courbet n’était pas un peintre animalier mais il s’inscrit dans un contexte singulier où l’animal prend une nouvelle place dans la société. L’art de Courbet est au carrefour de toutes les préoccupations, des regards nouveaux qui va faire évoluer la peinture animalière au XIXème siècle. C’est un art ancien mais proche de nous en siècles, qui a encore une résonance très puissante dans le présent. »

Le 3 octobre, les deux commissaires de l’exposition Thierry Laugée et Olivier Vayron, ici aux côtés du directeur-conservateur du musée Courbet Benjamin Foudral, tiennent une conférence à l’atelier Courbet sur l’exposition Réalisme animal

Fin septembre, près de 20 000 visiteurs s’étaient déplacés à Ornans pour l’exposition. « Nous sommes très satisfaits des retours qu’on a autour de l’exposition, les retours sont positifs et unanimes. Le bouche-à-oreille fonctionne très bien. Nous nous attendons à une belle arrière-saison », reprend Benjamin Foudral.

Si le public estival est plutôt celui des touristes, celui de l’automne concentre plus les locaux et, chose non négligeable, les scolaires. Ces derniers découvrent l’exposition avec un programme conçu sur mesure à leur portée. « Nous avons eu l’inscription de nombreux groupes scolaires, là aussi, il y aura une belle saison », se réjouit Benjamin Foudral.

Si les écoliers du 1er degré des écoles aux alentours ont souvent la chance de visiter le musée, les collégiens sont le public cible. Compétence du Département, comme le musée ornanais, les collèges permettent de toucher tout le territoire, avec un vrai maillage, notamment les établissements éloignés de centres culturels.

La restauration de l'’Enterrement à Ornans, le chef-d’oeuvre de Courbet, a été inaugurée au musée d’Orsay, début septembre (photo Ville d’Ornans).

Enfin, à la suite de la restauration du gigantesque tableau Un Enterrement à Ornans, exposé au musée d’Orsay, Benjamin Foudral projette de raconter la restauration de l’œuvre dans l’exposition permanente. « On veut montrer en quoi la perception de l’œuvre a changé. La restauration permet de la redécouvrir », souligne le conservateur qui faisait partie du comité scientifique de la restauration. Quant à imaginer un jour l’Enterrement à Ornans, revenir, le temps d’un prêt, dans les murs du musée Courbet, Benjamin Foudral douche les espoirs. Il n’y a pas de possibilité de prêt en raison de la fragilité extrême du tableau et de ses dimensions colossales qui n’entrent pas dans les espaces du musée.