À 42 ans, Anne-Lise Balanche, élue pour la première fois lors des élections municipales, a endossé la fonction de deuxième adjointe à la mairie de Morteau, en charge des politiques sociales, familiales et intergénérationnelles. Passionnée par l’enseignement, profondément humaniste, la native des Combes prône l’inclusion et le collectif

Six mois après son élection, Anne-Lise Balanche ne regrette rien. “Il y a beaucoup de choses nouvelles, tout ce que je découvre n’est que du bonus. J’apprends de nouvelles choses en dehors de mon domaine, je côtoie de nouvelles personnes. Je considère que c’est une chance de s’inscrire dans tant de projets impulsés sous le mandat précédent par Marie Bonnet et la municipalité, il faut poursuivre dans cette dynamique”, sourit l’élue qui a pris en charge la délégation des politiques sociales, familiales et intergénérationnelles.

Presque un sacerdoce pour la Mortuacienne qui possède des valeurs solidement chevillées au corps et au cœur. “Je suis de nature plutôt optimiste et je crois profondément en l’être humain, en la force du collectif. J’aime bien me rappeler le proverbe “seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin” dit-elle.

Anne-Lise Balanche est élue pour la première fois à 42 ans. Elle occupe la fonction de 2ème adjointe.

Anne-Lise Balanche a pu éprouver cet esprit collectif dans la pratique d’un loisir peu courant : la plongée en eau froide. Avec un groupe informel de femmes, elle n’hésite pas à plonger dans les eaux glacées du lac des Taillères, ou encore aux Chaudières. “On reste dans l’eau autant de temps que la température de l’eau. Les premières minutes sont difficiles, ça fait mal, mais l’esprit collectif aide à tenir. Il s’agit vraiment d’un dépassement de soi”, souligne celle qui se décrit comme une “vraie fille du Haut-Doubs.”

Le collectif et son humanisme l’ont conduite à exercer le métier de professeure des écoles. Si elle a quitté ses salles de classe de la maternelle Pergaud depuis quelques années, Anne-Lise Balanche n’a pas lâché pour autant sa vocation. Bien au contraire, celle qui se dit professeure des écoles depuis toujours - dans les faits depuis 21 ans - a opéré un changement dans son emploi. En 2018, elle quitte ses fonctions de directrice de l’école maternelle de Pergaud, au bout de dix ans. Elle devient conseillère pédagogique sur la circonscription de Morteau. “J’ai adoré enseigner en maternelle. Pour parler de mon métier, plutôt que transmettre, je dirais qu’il s’agit d’accompagner les élèves vers le “devenir grand” par l’acquisition de savoirs et de compétences.”

Aujourd’hui, cet accompagnement de conseillère pédagogique. “Avec l’équipe de circonscription, je participe à la formation et à l’accompagnement des enseignants du 1er degré, j’accompagne la mise en œuvre de la politique éducative dans les écoles”, éclaire Anne-Lise. Elle fait aussi partie de l’équipe ressource sur le harcèlement scolaire. “Nous avons formé et sensibilisé les collègues enseignants à évaluer et à prendre en charge une situation. Quand ils jugent qu’il y a besoin d’un accompagnement supplémentaire auprès de leurs élèves, ils font appel à nous. Nous mettons en place la méthode de préoccupation partagée.”

Pendant deux ans, entre 2020 et 2022, Anne-Lise Balanche a travaillé au service de l’école inclusive, là aussi un sujet d’importance pour elle. “Cela m’a permis d’aller découvrir le milieu carcéral, les classes S.E.G.P.A. et les dispositifs U.L.I.S. dans le second degré, dans les I.M.E. J’ai accompagné des enseignants spécialisés pour les élèves à besoins éducatifs particuliers. Ce que j’aime, c’est ça : travailler pour une école de plus en plus inclusive. Je défends le développement de l’accessibilité pédagogique dans les écoles en se demandant comment rendre accessible les apprentissages à tous les élèves. Chacun fait avec son vécu et ses convictions.”

Enfin, en tant que femme et élue, elle porte haut la défense du droit des femmes. L’inclusion concerne aussi celle des femmes dans la société. “Les violences contre les femmes persistent même à Morteau. Il faut parler des violences intrafamiliales, de l’inceste, informer et peut-être libérer la parole. Chacune a le droit de s’exprimer, le droit de donner son opinion en étant aussi légitime qu’un homme.”

Dans un monde politique où la femme reste sous-représentée, si la parole d’une élue n’a pas force de loi, elle peut avoir force de voix pour toutes les autres.


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