En arrivant dans ce hameau de l’ancienne commune de La Longeville qui fait désormais partie de Pays-de-Montbenoît, on découvre une double appellation en français et en patois sauget. Histoire de ne pas oublier les particularismes locaux.
Bienvenue à “Lardziyâ”. C’est ainsi que les anciens habitants du Saugeais identifiaient le hameau de Largillat qui désigne un endroit où l’on trouve de l’argile. Les trois entrées du hameau ont droit à ce double affichage né de la curiosité d’un habitant du hameau, Bernard Faivre, qui s’intéresse depuis des lustres au patrimoine sauget. “Je lis beaucoup de livres sur l’histoire de ce pays et notamment “Les mots du Saugeais” écrit par Rémy Bôle-Richard”, explique Bernard Faivre.
Cet ouvrage publié en 2009 reprend une partie du mémoire rédigé en 1910 par le chanoine Bobillier sur le patois sauget. On y trouvait notamment la transcription phonétique des quelque 1 700 mots du lexique élaboré par le chanoine.
Linguiste et enfant du Saugeais, Rémy Bôle-Richard a enrichi le travail du chanoine de nouveaux mots en s’inspirant de textes, chansons, dictons. Il a étudié tous ces textes pendant trois ans pour aboutir à ce nouveau dictionnaire. “Une vraie bible car les quelques personnages qui connaissent bien ce patois se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main.”
Le patois sauget vient du franco-provençal dont il représente d’ailleurs la frontière nord d’une langue parlée de la Suisse romande au Val d’Aoste en passant par le Lyonnais, le Dauphiné et la Savoie. Une zone qui s’intercale entre la langue d’oc employée au sud de la France et la langue d’oïl parlée au nord comme à Besançon, Baume-les-Dames, Vesoul. Il existe ainsi beaucoup de ressemblances entre le Saugeais et le Valaisan ou le Valdôtain et au contraire de grandes différences avec le patois de Morteau ou de Vennes.
Le projet de Bernard Faivre s’inspire de ces lectures. Restait à trouver un support adéquat. Le porteur du projet trouvera la solution chez un voisin, Simon Millot.
Cet artisan qui exploite un atelier d’usinage a fabriqué trois plaques en aluminium où est gravé Lardziyâ, sans oublier d’y adjoindre le blason du Saugeais. Pour la peinture et le vernis protecteur, Bernard Faivre a sollicité les compétences de deux autres artisans à savoir, Jacky Chopard et Yvan Ryser. “Je rêverais de pouvoir afficher cette double appellation dans tous les hameaux ou communes saugets”, explique Bernard Faivre à la recherche de solutions de financement.
