Sainte Jeanne-Antide Thouret est décédée il y a 200 ans. Du 29 au 31 mai, des milliers de personnes sont attendues dans son village natal de Sancey pour célébrer la mémoire de la fondatrice de la congrégation des Soeurs de la charité.
C’est la star incontestée du vallon de Sancey. Jeanne-Antide Thouret, la petite paysanne devenue religieuse, est décédée il y a 200 ans. C’est donc tout un village, et au-delà, toute une communauté qui a essaimé dans le monde entier qui s’apprête à célébrer la mémoire de celle qui, avec la congrégation des Sœurs de la Charité qu’elle a fondée, a contribué à faire prendre conscience à ses contemporains de la nécessité de prendre soin des plus pauvres.

Localement, c’est à cette religieuse devenue sainte par sa canonisation en 1934 que l’on doit la création à Besançon du Fourneau économique devenu aujourd’hui la Boutique Jeanne-Antide qui donne le gîte et le couvert aux plus précaires. C’est à elle aussi que l’on doit la création du centre hospitalier de Bellevaux à Besançon, devenu maison de retraite et dans l’entrée de laquelle trône encore aujourd’hui une statue de la sainte.

Du 21 au 31 mai, Jeanne-Antide sera donc célébrée dans son berceau de Sancey. Point culminant de ces célébrations : la messe pontificale du dimanche 31 mai sur le parvis de la basilique de Sancey en présence du nonce pontifical (agent diplomatique du Pape Léon XIV), Monseigneur Celestino Migliore, invité par Mgr Jean-Luc Bouilleret l’archevêque de Besançon. Des religieuses en provenance de 31 des pays dans lesquels la congrégation des Sœurs de la Charité a une représentation feront le déplacement à Sancey pour l’occasion, dont les drapeaux flotteront ce jour-là.
La commune de Sancey sera fortement impliquée dans les festivités, avec notamment, un geste fort le samedi 30 mai à 11 heures au patronage de Sancey : la remise par le maire Frédéric Cartier de l’acte de baptême de Jeanne-Antide à la supérieure générale de la province Europe des Sœurs de la Charité, venue également de Rome pour l’occasion. Jeanne-Antide sera en même temps faite “citoyenne d’honneur” de la commune de Sancey.
Les écoles privées du secteur et les jeunes de plusieurs diocèses s’apprêtent à affluer à Sancey ce week-end-là. “Avec les groupes de catéchèse également, nous attendons près de 1 500 personnes, dont plus de 900 jeunes, c’est une grosse logistique à gérer” indique Colette Jeannin, une des chevilles ouvrières de l’organisation de ces célébrations de Sancey qui tient à souligner “l’énorme mobilisation des habitants du vallon de Sancey.”
Le collège privé de Sancey sera également impliqué avec une représentation théâtrale le vendredi 29 mai à 20 heures au patronage : “Je suis fille de l’Église, soyez-le avec moi”. Autre temps fort le samedi 30 au soir avec le concert “Admirable Jeanne-Antide” donné par l’ensemble vocal de Franche-Comté Contraste à 20 heures à l’église Saint-Martin.
200 ans après sa mort, l’héritage de Jeanne-Antide Thouret est encore bien vivace. Aujourd’hui, les Sœurs de la Charité, héritières de la modeste Jeanne-Antide de Sancey, sont présentes à travers 170 communautés dans le monde (pour environ 1 500 religieuses). Dans le Doubs, les sœurs de la Charité continuent à s’impliquer au quotidien dans plusieurs établissements scolaires. Elles sont par exemple les autorités de tutelle de l’institution Notre-Dame Saint-Jean à Besançon (école, collège et lycée), des Augustins à Pontarlier, ou encore de l’école Jeanne-d’Arc à Morteau et du groupe scolaire Saint-Joseph de Maîche.
Pour toutes précisions sur ce week-end de commémorations : bicentenairesja.sancey@gmail.com
Ou par téléphone : Colette Jeannin au 06 88 71 49 96
Zoom - Jeanne-Antide Thouret, sa vie, son oeuvre
Jeanne-Antide Thouret est née le 27 novembre 1765 à Sancey-le-Long. À 22 ans, elle entre chez les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Alors qu’éclate la Révolution, les congrégations sont dissoutes. Jeanne-Antide retourne à Sancey où elle ouvre une école et prend soin des malades. En 1796, elle entre chez les Solitaires de la Retraite Chrétienne fondés par le Père Receveur. Elle y retrouve sa sœur Jeanne-Barbe. Avec eux, elle ira jusqu’aux portes de l’Allemagne. En 1797, Jeanne-Antide décide de se mettre en route ayant pour seule boussole l’abandon et la confiance en Dieu seul.

Après des mois d’errance, d’exil et de solitude, elle arrive au Sanctuaire Notre-Dame des Ermites à Einsiedeln (Suisse). Là elle reçoit une parole claire : “Allez comme une bonne fille de Saint-Vincent-de-Paul évangéliser les pauvres.” Au Landeron (Suisse), elle rencontre les Vicaires généraux de Besançon qui lui ordonnent : “Retournez en France pour y travailler à la restauration de la foi et des bonnes mœurs.”
Le 11 avril 1799, à Besançon, elle ouvre une école, une pharmacie et prépare le bouillon pour les pauvres. Quelques jeunes se joignent à elle, attirées par le courage, la foi et l’amour de Jeanne-Antide. Les années suivantes, cet Institut grandit et se développe par l’entrée de nombreuses jeunes, attirées par le charisme et l’ardeur de Jeanne-Antide et l’ouverture de nombreuses communautés.
En 1810, Jeanne-Antide répond à un nouvel appel. Sur invitation de Letizia Bonaparte, mère de Napoléon, elle arrive à Naples avec quelques sœurs, pour y commencer le service des pauvres. C’est à Naples qu’elle meurt le 24 août 1826. Elle sera béatifiée le 23 mai 1926 et proclamée Sainte, le 14 janvier 1934 par le pape Pie XI.
