Tristan Choquet a grandi dans le Haut-Doubs. Il est monté à Paris pour assouvir sa passion de la scène. Artiste de cabaret, il a travaillé chez Michou et fait désormais la joie des spectateurs d’un autre cabaret parisien réputé, Madame Arthur. Parcours.
Des montagnes du Haut-Doubs à la Butte Montmartre, il n’y a qu’un pas que Tristan Choquet a franchi avec enthousiasme. À tout juste 23 ans, le jeune homme dont la famille a vécu à Morteau est artiste de cabaret. “On nous appelle, parfois de manière péjorative, des travestis. Moi, j’aime bien ce mot… Artiste de cabaret est un terme qui me va aussi bien” dit-il. Dans son petit appartement de Montmartre, une photo de Sylvie Vartan veille sur lui. “Elle est toujours là à me regarder quand je crée mes numéros. Il y a aussi Mireille Mathieu, Michou, Régine, et l’icône Dalida.” C’est dans la peau de ces artistes de légende que chaque soir de spectacle Tristan se glisse. Il leur emprunte l’allure, les gestes et même la voix. Tristan Choquet, alias Madame Joëlle, est un artiste complet. Avec d’autres artistes, il se produit pour des revues dans les plus célèbres cabarets de Paris, comme chez Madame Arthur au pied de Montmartre, une des adresses les plus courues de la nuit parisienne. Il travaille également avec l’équipe de l’ancien cabaret Chez Michou avec qui il a monté une troupe baptisée Les Garçons de la Butte. Quand il ne travaille pas à Paris, il part régulièrement en tournée notamment dans le sud de la France. On peut le croiser aussi dans d’autres adresses bien connues des amateurs de cabarets comme Au Bar Fleuri, toujours à Paris, “un lieu qui n’a pas changé depuis des décennies, situé aux Buttes Chaumont. Là où on trouve aussi le poulet-frites le moins cher de Paris !” sourit Tristan qui s’y produit régulièrement pour “une caricature amoureuse de la culture française dans une ambiance très conviviale” résume-t-il.
Tristan Choquet a donc grandi dans le Haut-Doubs. La fibre artistique, il l’a eue assez tôt. “Quand j’étais petit, je voulais faire plein de choses, mais pas forcément du spectacle. J’aurais voulu être brocanteur, ou antiquaire, ou artiste de cirque, un peu touche-à-tout. La fibre pour la comédie, je l’ai eue au moment de faire mes études au lycée Pasteur à Besançon où j’ai cumulé une option théâtre avec un Bac spécialisé dans le cinéma. C’est là que mes profs de théâtre et de cinéma m’ont encouragé à poursuivre dans cette voie” confie le jeune homme.
Le Bac en poche, Tristan part à Paris au célèbre Cours Florent, une école de théâtre, de comédie musicale et de musique. “J’y ai fait deux ans et pendant ma deuxième année, j’ai rencontré le directeur artistique de Chez Michou. Il m’a appris notamment le maquillage et les techniques du cabaret. J’ai commencé à travailler là-bas jusqu’à la fermeture du cabaret il y a deux ans. J’ai ensuite pris des cours de chant, puis j’ai travaillé à créer mon propre personnage.” Ainsi Tristan devient-il Madame Joëlle, sous les traits d’une Sylvie Vartan plus vraie que nature. Le résultat visuel est aussi bluffant que l’imitation de la voix de ses idoles : qu’il campe Clara Luciani, Fanny Ardant, Dalida ou Sylvie Vartan, le mimétisme est troublant.

S’il a déjà réussi à percer à 23 ans dans le monde du cabaret, Tristan Choquet sait que le milieu artistique peut aussi être fragile ou précaire. Il continue à travailler à d’autres projets artistiques. “J’ai envie de monter des choses qui parlent de la grande histoire du cabaret parisien, de rendre hommage à toutes ces personnes qui ont façonné cet art depuis les années vingt, avec un âge d’or dans les années quatre-vingt et un regain d’intérêt pour cette forme de spectacles depuis quelques années. Le cabaret travesti, c’est aussi le cabaret traditionnel français, c’est une histoire plus que centenaire qui gagne à être mieux connue. C’est un pan du patrimoine vivant culturel français” affirme le jeune homme qui s’est notamment produit cet été au festival Paris l’été.
Soutenu avec ferveur par sa famille dans sa démarche artistique — ses deux sœurs, ses parents, sa grand-mère sont ses premiers fans —, Tristan Choquet semble avoir trouvé sa voie, guidé par sa sincérité et sa sensibilité. Le petit gars du Haut-Doubs est en train de se faire une place dans le grand bain artistique parisien.
